L’Unédic, organisme chargé de la gestion de l’assurance-chômage en France, a demandé au gouvernement de renoncer aux prélèvements effectués sur ses comptes. Cette demande intervient dans un contexte de dégradation des prévisions financières pour l’année 2026.
Selon les données publiées, l’Unédic anticipe une perte de 2,3 milliards d’euros en 2026. Ce résultat prend en compte un prélèvement de l’État estimé à 4,1 milliards d’euros. L’organisme évoque une situation financière affectée par plusieurs décisions publiques et par l’évolution de l’emploi salarié.
Dans un communiqué publié ce 18 juin, l’Unédic appelle à « un financement stable et lisible dans la durée ». Les projections financières ont été révisées par rapport aux estimations précédentes. Pour 2027, l’organisme prévoit un excédent de 2,1 milliards d’euros, contre 2,8 milliards annoncés auparavant. Pour 2028, l’excédent attendu est de 4 milliards d’euros, contre 4,8 milliards lors de la précédente estimation.
Le gouvernement a prévu des prélèvements cumulés de 12 milliards d’euros sur les comptes de l’assurance-chômage entre 2023 et 2026. Ces montants s’ajoutent à d’autres charges financières supportées par l’Unédic, notamment le financement partiel de France Travail et des dépenses liées aux dispositifs d’urgence mis en place durant la pandémie de Covid-19.
Dette, prélèvements de l’État et projections financières pour l’assurance-chômage
Fin 2026, la dette de l’Unédic est estimée à 61,5 milliards d’euros. Elle devrait ensuite reculer à 59,4 milliards fin 2027, puis à 55,4 milliards fin 2028. L’organisme indique que sans les prélèvements de l’État, la dette aurait été inférieure, avec une estimation de 43,4 milliards d’euros fin 2028.
Dans son communiqué, l’Unédic précise : « Sans les prélèvements de l’État, la dette aurait été de 43,4 milliards fin 2028 ». Les organisations syndicales et patronales gestionnaires de l’Unédic évoquent également les risques liés à l’endettement dans un contexte de taux d’intérêt élevés. Elles demandent un cadre de financement plus stable afin d’assurer le fonctionnement du système d’assurance-chômage.

Le communiqué ajoute : « Les organisations syndicales et patronales gestionnaires de l’Unédic alertent sur les risques du recours accru à l’endettement, dans un contexte de taux élevés, notamment pour financer jusque-là les charges liées aux décisions étatiques passées ».
Selon l’Unédic, une partie de la dette actuelle résulte de décisions prises au niveau de l’État. L’organisme mentionne également l’impact de la baisse de l’emploi salarié dans le secteur privé, avec environ 55 000 postes supprimés en 2025 et un volume similaire attendu pour l’année suivante. L’équilibre financier du système reste également lié aux cotisations patronales, qui constituent la principale source de financement de l’assurance-chômage.








