« La norme s’est établie plus haut » : l’absentéisme explose et la santé mentale est devenue le premier motif

Le taux d’absentéisme dans le privé a augmenté de 25 % depuis 2019, touchant cadres, jeunes et seniors, surtout pour santé mentale.

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Absentéisme
Les arrêts maladie explosent : le taux d’absentéisme des salariés du privé progresse de manière durable. - Crédit : Assurance maladie | Econostrum.info

Une étude publiée le 9 juin 2026 par Malakoff Humanis montre que le taux d’absentéisme dans le secteur privé a augmenté de 25,5 % entre 2019 et 2025, atteignant 4,3 %. L’analyse repose sur plusieurs sources : un baromètre Ifop auprès de 3 000 salariés, les arrêts déclarés par 3,8 millions de clients de Malakoff Humanis et le suivi médical de 300 000 arrêts longs.

Selon l’étude, « les niveaux pré-Covid sont durablement derrière nous » et « la norme s’est établie plus haut ». Cette progression concerne l’ensemble des catégories, mais certaines évolutions sont plus marquées. Les cadres affichent un taux d’absentéisme deux fois inférieur à celui des non-cadres (2,6 % en 2025), mais la hausse est plus rapide pour cette catégorie : le taux est passé de 3,9 % en 2019 à 4,8 % en 2025, soit +35,2 %. Cette progression est portée par la durée des arrêts, qui atteint 20,2 jours en moyenne. Les jeunes cadres, notamment les moins de 30 ans, sont particulièrement concernés. Le secteur de l’information et de la communication affiche la plus forte augmentation depuis 2019, avec +53 % de taux d’absentéisme.

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Les motifs  de l’absentéisme et les différences selon les âges

Selon Malakoff Humanis, la santé mentale constitue le premier motif d’arrêt long (plus de 30 jours), dépassant les troubles musculosquelettiques et la traumatologie. Les pathologies liées à la santé mentale expliquent 37,8 % des arrêts en 2025 contre 30,3 % en 2019. Les arrêts des salariés seniors s’allongent sous l’effet du vieillissement de la population active, avec une durée moyenne de 39,7 jours pour les plus de 55 ans.

Chez les jeunes salariés, l’étude observe une tendance au « polyabsentéisme » : 21 % des moins de 30 ans ont été arrêtés au moins deux fois dans l’année et 17,5 % trois fois ou plus. La durée moyenne des arrêts pour cette tranche d’âge est de 12,4 jours, plus courte que pour les seniors, mais plus fréquente. Selon l’étude, ces arrêts multiples reflètent un rapport au travail « qui se construit sur des bases fragilisées ».

 

Prévention et suivi du retour au travail

Malakoff Humanis note que malgré la préoccupation des entreprises — 63 % déclarent être inquiètes face à l’absentéisme —, plus d’une entreprise sur deux (55 %) n’a mis en place aucune mesure pour y faire face. L’étude recommande de renforcer la prévention et d’accompagner le retour au travail par des aménagements de postes ou des temps partiels thérapeutiques.

La réforme des comportements professionnels depuis la pandémie, l’émergence du télétravail et de pratiques telles que le « quiet quitting » ont également modifié le rapport au travail, contribuant à la hausse structurelle de l’absentéisme. Un salarié du privé sur trois a été arrêté au moins une fois en 2025. Les jeunes et les cadres sont particulièrement touchés, tandis que les seniors connaissent des arrêts plus longs pour pathologies lourdes.

L’étude de Malakoff Humanis illustre les changements structurels du marché du travail depuis 2019 et met en évidence l’importance de la santé mentale et du suivi adapté pour limiter l’absentéisme et faciliter le retour au travail.

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