L’allocation de rentrée scolaire risque de changer de forme en 2027. Alors que le gouvernement cherche à réduire les dépenses publiques, une piste consiste à encadrer davantage l’utilisation de cette aide versée aux familles modestes. Une autre option pourrait modifier les sommes attribuées selon l’âge des enfants.
L’exécutif veut économiser 600 millions d’euros sur l’allocation de rentrée scolaire (ARS), dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Cette somme représente environ 27 % des quelque 2,23 milliards d’euros consacrés chaque année à cette prestation par la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).
A noter que cette prestation bénéficie à environ trois millions de foyers et cinq millions d’enfants en France. Elle permet de couvrir une partie des dépenses liées à la rentrée, essentiellement les fournitures, les vêtements et le matériel scolaire.
Lors de son audition au Sénat, mercredi 28 octobre, Constance Bensussan, directrice générale de la Cnaf, a évoqué la possibilité de limiter les achats financés par cette allocation : « Est-ce qu’il ne faudra pas passer par une carte prépayée ? » a-t-elle demandé. Le principe serait de réserver cette carte à certaines dépenses considérées comme utiles à la scolarité.
Aujourd’hui, familles utilisent aujourd’hui l’ARS pour acheter des fournitures, mais aussi des vêtements, financer des activités sportives ou culturelles et payer la cantine. La responsable de la Cnaf a rappelé que l’aide sert à préparer « non pas la rentrée scolaire, mais l’année scolaire ». Une carte prépayée permettrait ainsi, selon elle, de mieux encadrer les achats autorisés.
Il faut dire que la mise en place d’un dispositif poserait plusieurs difficultés. Il faudrait faire appel à des prestataires extérieurs, comme pour les titres-restaurant, ce qui entraînerait des frais de gestion supplémentaires. Ces coûts pourraient réduire une partie des économies recherchées.
Le montant de l’allocation de rentrée scolaire va-t-il changer ?
Une autre piste consiste à revoir le barème de l’allocation en fonction des besoins des enfants. « Ce ne sont pas les mêmes demandes en termes de fournitures, entre le primaire, le collège et le lycée », insiste Constance Bensussan devant les sénateurs.
Pour la rentrée 2026, le montant de l’allocation de rentrée scolaire s’est elevé à 426,87 euros pour un enfant de 6 à 10 ans, à 450,41 euros entre 11 et 14 ans et à 466,02 euros entre 15 et 18 ans. La différence entre les deux tranches d’âge extrêmes atteint 39,15 euros. Le gouvernement pourrait chercher à accentuer cette modulation, sans qu’aucun nouveau montant ait été annoncé à ce stade.
Rappelons, par ailleurs, que l’allocation reste soumise à des conditions de ressources. Pour la rentrée 2026, les plafonds de revenus annuels de référence ont été fixés à 28 956 euros pour un enfant à charge, 35 638 euros pour deux enfants et 42 320 euros pour trois enfants.
Interrogée sur l’impact de la baisse envisagée, la directrice de la Cnaf a reconnu qu’elle ne disposait pas encore de chiffres permettant d’évaluer les pertes éventuelles pour les bénéficiaires.








