Le salaire minimum pourrait bientôt dépasser un nouveau seuil en France. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, souhaite porter le Smic au-dessus de 1 500 euros net par mois. Cette piste est discutée avec les syndicats et les organisations patronales, alors que la hausse des salaires est au cœur des revendications sociales.
Invité sur TF1 vendredi 6 novembre, le ministre a expliqué qu’il souhaitait trouver un accord avant la conférence sociale prévue lundi 9 novembre à Matignon. Les discussions doivent se poursuivre jusqu’à dimanche avec les représentants des salariés et des employeurs.
À la question de savoir si le Smic pouvait dépasser les 1 500 euros net par mois, Jean-Pierre Farandou a jugé important de franchir ce seuil. Le ministre dit, toutefois, souhaiter parvenir à un compromis sur le montant du Smic, les salaires minimums prévus dans les conventions collectives et les négociations salariales dans les entreprises.
Le Smic pourrait dépasser 1 500 euros net dès décembre
Actuellement, le Smic mensuel net s’élève à 1 477,93 euros pour un salarié à temps plein de 35 heures. Quant au montant brut, il se situe à 1 867,02 euros par mois 12,31 euros de l’heure). Pour franchir le seuil des 1 500 euros net, il faut augmenter le salaire minimum d’au moins 22,07 euros par mois.
Le gouvernement étudie également la possibilité d’avancer au 1er décembre la prochaine revalorisation du Smic, normalement prévue le 1er janvier 2027. Jean-Pierre Farandou s’est montré favorable à cette anticipation. Un éventuel coup de pouce supplémentaire est aussi évoqué, mais aucun montant n’a été arrêté.
Pour rappel, le Smic a déjà augmenté deux fois cette année. Une première hausse de 1,18 % est entrée en vigueur le 1er janvier, portant le salaire minimum net à 1 443,11 euros. Une seconde revalorisation de 2,41 % a ensuite été appliquée le 1er juin, après une hausse importante de l’inflation. Le salaire minimum net a alors progressé de 34,82 euros par mois.

La CFDT et la CGT réclament des hausses plus importantes
Les syndicats souhaitent aller plus loin que le seuil évoqué par le ministre. La CFDT réclame une augmentation de 100 euros net par mois. Avec cette hausse, le Smic atteindrait environ 1 578 euros net. La CGT, quant à elle, demande une revalorisation de 10 %, soit près de 150 euros de plus par mois. Dans ce cas, le Smic dépasserait 1 625 euros net. Le syndicat réclame également une indexation de l’ensemble des salaires sur l’inflation.
La question des salaires était au cœur de la mobilisation organisée jeudi 5 novembre. Selon les syndicats, 1,5 million de personnes ont manifesté dans toute la France. Le ministère de l’Intérieur a avancé un chiffre bien inférieur, avec 575 000 participants. Dans ce contexte, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une conférence sociale à Matignon le lundi 9 novembre. Les discussions doivent notamment porter sur le pouvoir d’achat et les rémunérations.
Au-delà du Smic, le gouvernement veut également revoir les salaires minimums fixés par les conventions collectives. Dans plusieurs branches professionnelles, ces minima sont désormais inférieurs au salaire minimum légal. Les salariés concernés sont alors payés au Smic, même si leur grille conventionnelle prévoit une rémunération plus faible. Cette situation empêche certaines grilles salariales de suivre l’évolution du salaire minimum.
Pour pousser les branches à revoir leurs grilles, Jean-Pierre Farandou a annoncé la préparation d’un décret. Le texte doit, principalement, permettre de revoir les allègements de cotisations patronales accordés aux entreprises qui maintiennent des minima conventionnels inférieurs au Smic.
Le gouvernement doit, cependant, trouver un équilibre entre la hausse des salaires et les capacités financières des entreprises. Une augmentation trop importante pourrait alourdir leurs charges et peser sur l'emploi. C’est aussi l’un des points de vigilance exprimés par les organisations patronales.








