Les pilleurs de cuivre s’attaquent désormais aux bornes électriques : 18 millions d’euros de dégâts

Les voleurs de cuivre s’attaquent désormais aux bornes de recharge électrique

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Bornes électriques - Cuivre
Les pilleurs de cuivre s'attaquent désormais aux bornes électriques : 18 millions d'euros de dégâts - Crédit : Canva | Econostrum.info

Le vol de cuivre prend une ampleur préoccupante sur les routes françaises. Les bornes de recharge pour voitures électriques sont devenues la cible privilégiée des voleurs, de mieux en mieux équipés. Le phénomène commence à peser lourdement aussi bien sur les opérateurs que les automobilistes.

Selon le bilan publié le 3 novembre par Charge France, l’association, qui rassemble plusieurs acteurs du secteur, 850 stations de recharge rapide ont été visées depuis le début de l’année, soit environ 10 % du réseau français de recharge rapide. Le préjudice financier est évalué à pas moins de 18 millions d’euros.

Les voleurs s’intéressent principalement au cuivre contenu dans les câbles des bornes de recharge rapide. Pourtant, leur butin reste relativement faible, car la revente d’un câble sectionné ne rapporte qu’entre 30 et 80 euros. Pour les exploitants, les conséquences sont en revanche beaucoup plus lourdes, puisque le remplacement d’une borne endommagée peut coûter entre 1 500 et 8 000 euros.

Les pilleurs de cuivre s'attaquent désormais aux bornes électriques : 18 millions d'euros de dégâtsPin

En plus de cette facture, il faut ajouter les frais d’intervention des techniciens, les pertes de recettes pendant l’immobilisation des installations, sans parler des dépenses de sécurisation. Aussi, les opérateurs doivent composer avec des assurances plus coûteuses, voire des franchises qui augmentent après plusieurs sinistres.

Les méthodes employées par les malfaiteurs témoignent d’une organisation de plus en plus structurée. Ils interviennent généralement de nuit, parfois en groupe, avec des coupe-câbles hydrauliques portatifs fonctionnant sur batterie et des meuleuses de chantier. Ces outils leur permettent de sectionner rapidement des câbles particulièrement épais, avant de repartir avec leur butin dans un véhicule léger. 

Les attaques se répètent à un rythme soutenu. « Sur notre réseau de plus de 450 stations, nous constatons presque chaque semaine un ou plusieurs actes de vol de câbles (…) Ces actes ont un impact direct sur le service rendu à nos clients: une station touchée ne peut plus fonctionner pleinement », explique Gautier Chatelus, président de Driveco, cité par BFM.

Les opérateurs renforcent leurs bornes, les automobilistes subissent les conséquences

Pour limiter les dégâts, les exploitants cherchent à mieux protéger leurs installations. C’est le cas de Driveco qui a commencé à installer des gaines en Kevlar autour de ses câbles. Ces protections intègrent également des puces GSM destinées à faciliter leur localisation en cas de vol. D’autres acteurs misent sur la vidéosurveillance, les alarmes connectées ainsi que les dispositifs de suivi. Mais il faut dire que ces équipements, qui représentent un investissement supplémentaire, ne garantissent pas encore une protection totale.

Pour les conducteurs, le problème est très concret. Une borne dont le câble a été sectionné devient inutilisable jusqu’à son remplacement. Dans certains cas, les réparations peuvent prendre une quinzaine de jours. Or, selon une enquête Enedis-CSA publiée en octobre 2026, 71 % des utilisateurs de voitures 100 % électriques dépendent du réseau public pour leurs déplacements.

De leur côté, les gendarmeries constate une progression de vols. Le 25 septembre dernier, elles ont annoncé l’interpellation de trois personnes prises en flagrant délit alors qu’elles dérobaient des câbles en Haute-Garonne. L’enquête portait sur plusieurs vols commis dans des départements voisins. Pour les exploitants concernés, le préjudice dépassait 300 000 euros. Dans la région toulousaine, seules 40 % des bornes étaient fonctionnelles durant l’été 2026, selon les éléments communiqués par les enquêteurs.

Charge France recense, pour sa part, 15 mises en examen depuis janvier dernier, dont sept en septembre et octobre. Plusieurs tribunaux ont déjà prononcé des peines de prison. À Toulouse et à Troyes, des condamnations à deux ans d'emprisonnement ferme ont été rapportées, accompagnées d’interdictions du territoire français de 5 et 10 ans. À Nantes, une peine de 12 mois ferme a également été prononcée.

Face à cette situation, Charge France réclame un plan national associant les ministères de l’Intérieur et de la Justice. L’association souhaite une meilleure coordination des enquêtes entre les parquets, davantage de contrôles chez les ferrailleurs pour lutter contre le recel et des interventions policières plus rapides grâce aux alertes émises par les bornes connectées.

Elle appelle également les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à prendre des engagements sur la protection du réseau. La question devient d’autant plus importante que la France comptait environ 40 000 points de recharge rapide ouverts au public à la fin septembre. 

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