La cherté de la vie relance les revendications autour du Smic. À quelques jours d’une nouvelle journée de mobilisation nationale, les syndicats réclament un geste pour les salariés les moins bien payés. Le gouvernement se dit prêt à discuter, mais reste prudent sur le montant d’une éventuelle revalorisation.
Depuis le 1er juin dernier, le Smic s’élève à 1 867,02 euros brut par mois, soit environ 1 477,93 euros net pour un salarié à temps plein, après une hausse de 2,41 %. Cette dernière a été déclenchée automatiquement par le mécanisme légal lié à l’inflation. La nouvelle revalorisation automatique doit intervenir au 1er janvier 2027. Elle pourrait atteindre environ 1 %, selon les premières estimations évoquées par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.
Mais les organisations syndicales ne veulent pas toutes attendre jusqu’au début de l’année prochaine. Elles défendent une augmentation supplémentaire avant 2027, avec des propositions allant de quelques dizaines à plus de 150 euros par mois.
100 euros de plus pour la CFDT, 10 % pour la CGT
La CFDT réclame une augmentation immédiate de 100 euros net par mois. Pour un salarié payé au Smic, ça représente une hausse d’environ 6,8 %. Cela porterait le salaire minimum à près de 1 578 euros net. Le syndicat demande aussi l’ouverture de négociations salariales dans toutes les branches professionnelles.
La CGT, quant à elle, plaide pour une augmentation plus importante. Elle réclame, d’une part, une hausse immédiate de 10 % du Smic, soit un passage à 2 053,72 euros brut dans un premier temps, avant d’atteindre 2 200 euros brut. Elle demande, d’autre part, le retour de l’indexation des salaires sur les prix, afin que les rémunérations suivent l’inflation et ne perdent pas de pouvoir d’achat.
Pour la Force ouvrière (FO), il est question de fixer le Smic à 80 % du salaire médian. Selon son secrétaire général, Frédéric Souillot, cette mesure se traduirait par une augmentation de 100 à 150 euros par mois. Le syndicat dit vouloir éviter que les salariés rémunérés juste au-dessus du minimum légal voient leur écart de salaire se réduire.
Enfin, la CFTC demande un coup de pouce d’au moins 0,6 %, en référence à celui accordé en juillet 2012 sous François Hollande. Cette hausse viendrait s’ajouter à la revalorisation automatique attendue en janvier. La CFE-CGC ne réclame pas de pourcentage précis, mais alerte sur l’écrasement des grilles salariales, qui réduit les différences de rémunération entre les salariés.
Le gouvernement ouvert à une hausse, mais inquiet pour l'emploi
Pour sa part, le ministre du Travail n’a pas écarté une augmentation anticipée du Smic. Après avoir rencontré les organisations syndicales et patronales, Jean-Pierre Farandou a indiqué que le gouvernement envisageait de devancer au 1er décembre la revalorisation automatique prévue en janvier. Il a également évoqué la possibilité d’un coup de pouce supplémentaire. « Rien n’est décidé », a-t-il, néanmoins, précisé sur France Inter, le 29 octobre.
Le ministre met, cependant, en garde contre les conséquences d’une hausse trop importante. Interrogé sur une augmentation de 150 euros net, il a estimé qu’elle pourrait fragiliser l'emploi et alimenter l’inflation. Il a même avancé le risque de 250 000 suppressions d'emplois dans le cas d’une forte hausse. Il rappelle aussi que le Smic concerne environ 14 % des salariés et que les rémunérations juste au-dessus du minimum doivent être prises en compte.
Le patronat partage ces inquiétudes. Le président du Medef, Patrick Martin, estime qu’une hausse exceptionnelle viendrait s’ajouter au coût des mesures prévues dans le budget de la Sécurité sociale. Il redoute que cette accumulation ne complique la situation des entreprises et ne pèse sur leurs recrutements.
Les discussions doivent se poursuivre après la journée de grève et de manifestations du jeudi 5 novembre. Huit grandes organisations syndicales appellent à cette mobilisation pour défendre les salaires, les services publics, l'emploi ainsi que l’industrie.








