Dans le cadre de l’élaboration du budget 2027, le débat sur les arrêts maladie revient au centre des discussions sociales. Le président du Medef, Patrick Martin, propose ainsi de revoir la prise en charge des arrêts de courte durée afin de limiter certaines dépenses. Avec une telle mesure, l’Assurance maladie pourrait alors réaliser des économies conséquentes.
Invité sur France 2 ce mardi, le patron de l’organisation patronale estime qu’un changement des règles de remboursement pourrait changer les comportements des travailleurs. Parmi les pistes avancées, Patrick Martin défend notamment l’idée de jours de carence qui ne seraient pris en charge ni par l’Assurance maladie ni par les complémentaires santé. Dans le même temps, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé le lancement prochain de discussions avec les syndicats et les organisations patronales sur l’évolution du système des arrêts maladie.
Le Medef veut renforcer l’encadrement des arrêts de courte durée
Patrick Martin considère qu’il existe des économies possibles dans les dépenses liées aux arrêts maladie. « Bien sûr qu’il faut faire des économies » dans ce domaine, a-t-il déclaré, en évoquant « un nombre d’arrêts-maladie de courte durée qui augmente d’une manière parfois suspecte ». Le président du Medef souhaite éviter que les économies réalisées par l’Assurance maladie soient simplement transférées vers les entreprises ou les salariés via les contrats de complémentaire santé.
« Si c’est pour faire supporter aux entreprises et aux salariés, à travers les complémentaires santé, ce que l’assurance maladie de base ne prendrait plus en charge, ça ne va pas », a-t-il expliqué. Sa proposition repose sur la création d’« arrêts maladie dits d’ordre public », avec des jours de carence qui resteraient entièrement à la charge du salarié. « Des arrêts maladie dits d’ordre public, c’est-à-dire (des jours de carence) qui ne soient plus remboursés ni par le régime de base, ni par les complémentaires santé ».
Selon Patrick Martin, cette évolution pourrait modifier certains comportements liés aux arrêts courts. « Là, ça aura un effet comportemental », a-t-il affirmé. Il a néanmoins tenu à se démarquer d’une partie du discours politique sur le sujet. Le président du Medef a indiqué que l’expression « open bar » utilisée par Édouard Philippe pour évoquer les arrêts maladie était une « punchline » qu’il « n’endossait pas ». Le système actuel prévoit déjà un délai de carence dans le secteur privé, pendant lequel les indemnités journalières de l’Assurance maladie ne sont généralement pas versées.
Patrick Martin appelle à limiter les aides générales sur les carburants
Le président du Medef s’est également exprimé sur la hausse des prix des carburants et les mesures envisagées par le gouvernement pour accompagner les ménages concernés. Selon lui, en plus des particuliers, les entreprises sont elles-aussi frappées de plein fouet par la flambée des prix de l’énergie. De plus, il estime qu’elles ne répercutent pas totalement ces hausses sur leurs prix de vente, ce qui réduit leurs marges.
« On voit leurs marges en train de se contracter », a-t-il déclaré, ajoutant que cette situation limite leurs capacités à financer les hausses des salaires ainsi que les primes accordées aux travailleurs. Patrick Martin défend donc le maintien d’aides ciblées plutôt qu’un dispositif général. « Il faut garder le principe des aides ciblées, parce qu’on est en train de percuter le mur » du déficit public.
Il estime également que l’État subit indirectement les conséquences de la hausse des prix, notamment avec une baisse possible de la consommation de carburants. Sur le télétravail, le président du Medef rappelle que cette solution dépend des métiers concernés. Pour cause, il explique que certains métiers nécessitent une présence sur site, tandis que d’autres peuvent être très bien être fait à distance.








