« On rentre dans l’URSS » : Marine Le Pen s’oppose à une hausse des salaires imposée par l’État

Marine Le Pen refuse d’imposer une hausse des salaires aux entreprises.

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Marine Le Pen - Smic
« On rentre dans l’URSS » : Marine Le Pen s’oppose à une hausse obligatoire des salaires - Crédit : afp.com/Thibaud MORITZ | Econostrum.info

Marine Le Pen ne veut pas que l’État impose aux entreprises d’augmenter les salaires. La candidate du Rassemblement national a défendu cette position, jeudi 5 novembre, alors que les syndicats réclament une hausse du Smic. Elle estime qu’une augmentation décidée par le gouvernement pourrait fragiliser certaines entreprises et entraîner des suppressions d’emplois.

La candidate s’est exprimée lors d’une visite au salon Euronaval, à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Elle répondait à la demande de la CGT, qui réclame une hausse de 10 % du salaire minimum. Une augmentation qui représenterait près de 148 euros net supplémentaires par mois pour une personne payée au Smic.

Marine Le Pen redoute des licenciements après une hausse imposée du Smic

Pour Marine Le Pen, les entreprises ne sont pas toutes capables de supporter une telle augmentation. Elle refuse que le gouvernement leur impose cette dépense, même si certaines disposent de moyens financiers plus importants que d’autres.

« On est dans une situation trop fragile pour imposer (aux entreprises) en quelque sorte, de manière autoritaire, une augmentation du Smic de dix pour cent », a-t-elle déclaré à la presse. Elle craint que les employeurs qui ne peuvent pas payer davantage soient obligés de réduire leurs effectifs. Les entreprises « ne peuvent pas y faire face et, en réalité, on va assister à une vague de licenciements », a-t-elle expliqué.

La candidate a aussi été interrogée sur la possibilité de demander aux entreprises qui en ont les moyens d’augmenter les salaires. Là encore, elle refuse une obligation. Selon elle, l’État ne doit pas décider à la place des employeurs du montant des rémunérations, sinon « on rentre dans l’URSS », estime-t-elle. 

Une hausse de 10 % des salaires avec cinq ans sans cotisations patronales

Marine Le Pen propose une autre solution pour augmenter les rémunérations. Plutôt que de forcer les entreprises à payer davantage, elle veut les encourager à le faire en leur accordant une exonération de cotisations patronales sur les hausses de salaire.

« Si vous augmentez les salaires de 10 %, eh bien durant 5 ans vous serez exonéré des charges afférentes », a-t-elle expliqué. Cette mesure ne concernerait pas seulement les salariés payés au Smic. Elle pourrait aussi profiter à ceux qui gagnent jusqu’à trois fois le salaire minimum, soit environ 5 601 euros brut par mois sur la base d’un temps plein.

Cette proposition du Rassemblement national n’est pas nouvelle. Le parti l’avait déjà présentée pendant les élections législatives de 2024. Elle consiste à permettre aux entreprises d’augmenter les salaires de 10 % tout en supprimant, pendant cinq ans, les cotisations patronales liées à cette hausse. Le dispositif devrait concerner les salariés déjà en poste, mais aussi les nouvelles recrues.

Pour les salariés, l’idée est de toucher un salaire plus élevé sans attendre une hausse générale du Smic. Mais cette mesure aurait aussi un coût pour les finances publiques, puisque les cotisations patronales servent notamment à financer la protection sociale. L’Institut Montaigne avait estimé le coût de cette proposition à 4,8 milliards d’euros en 2027, puis à 12 milliards en 2029.

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