Alors qu’il atteint actuellement des sommets, le prix du gazole pourrait rester ainsi au cours des prochains mois, même si les cours du pétrole brut venaient à ralentir. La raison ne se trouve pas uniquement du côté du baril, mais dans un autre maillon du marché de l’énergie.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont récemment ravivé les inquiétudes sur les marchés. La reprise des échanges de frappes entre les États-Unis et l’Iran a entraîné une nouvelle hausse des cours du pétrole. Le Brent, référence mondiale, a franchi la barre des 100 dollars le baril le mercredi 9 septembre, une première depuis le 24 juillet. En un mois, le prix du Brent a progressé d’environ 17 %, et d’environ 25 % depuis le début du mois d’août, selon les données rapportées par BFM Business.
Mais les automobilistes ne paient pas directement le pétrole brut. Ils achètent des carburants transformés, comme le gazole ou l’essence. Or, le marché mondial connaît actuellement une tension plus forte sur les produits raffinés que sur le brut lui-même. La baisse des exportations de carburants raffinés en provenance du Moyen-Orient et de Russie réduit donc le volumes disponibles. Selon Russell Hardy, directeur général de Vitol, ces exportations ont diminué d’environ 2 millions de barils par jour, une situation qui est aussi liée aux difficultés de transport.
Le prix du gazole augmente plus vite que celui du pétrole brut
Le manque de carburants disponibles se reflète directement sur les marchés de gros. À Rotterdam, référence européenne pour le commerce des produits pétroliers, le prix du gazole atteint actuellement 175 dollars le baril, soit environ 75 dollars de plus que le Brent, selon Bloomberg. Cet écart a plus que triplé depuis le début de l’année 2026. En France, les consommateurs ont déjà vu le prix du gazole progresser de 12 centimes par litre en un mois.
Cette situation explique pourquoi une baisse éventuelle du pétrole brut ne provoquerait pas forcément une diminution immédiate des prix à la pompe. « Nous ne consommons pas des barils de pétrole, nous consommons les produits dérivés du pétrole. La Banque centrale européenne avait elle aussi souligné, fin juillet, les risques inflationnistes liés à la faiblesse des capacités mondiales de raffinage », rappelle le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey.
Une hausse qui concerne toute l’économie
Outre les particuliers, la hausse du gazole frappe également les professionnels, notamment dans l’agriculture, les transports routiers et les activités de livraison. Pour les exploitants agricoles, le coût du carburant représente une dépense très importante pour faire fonctionner les machines. Dans le transport de marchandises, une hausse du gazole se répercute directement sur les coûts d’exploitation des entreprises. Ce n’est pas tout, les prix des produits peuvent également être impactés indirectement par l’envolée du gazole.








