Les tensions persistantes sur le marché mondial du gaz auront un impact sur la facture des ménages dès le 1er octobre 2026. Le prix repère atteindra un nouveau record, avec une hausse de pas moins de 105 euros pour la facture annuelle qui passe de 1 708 euros en septembre à 1 813 euros pour un foyer chauffé au gaz. Cette augmentation sur une année est due à la hausse du prix du kilowattheure.
En effet, le prix du kilowattheure pour un ménage qui utilise le gaz pour le chauffage va passer de 0,13474 euro à 0,14521 euros dès ce 1er octobre 2026. C’est ce qui ressort des estimations basées sur la formule de calcul de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), précisant que cette hausse atteindra un taux de 7,8 % en un mois.
Le prix du kilowattheure atteint un nouveau sommet pour les particuliers
Les ménages utilisant le gaz uniquement pour la cuisson et l’eau chaude seront aussi concernés. Le kilowattheure passera de 0,16758 € à 0,17797 €, ce qui représente une hausse de 6,2 %. Les tarifs d’abonnement resteront inchangés, à 360,79 € par an pour un profil chauffage et à 152,46 € par an pour un profil cuisson.
Pour un foyer consommant environ 10 000 kWh par an, la facture annuelle calculée sur la base du prix repère atteindra donc 1 813 € en octobre. Pour un ménage consommant 4 000 kWh par an pour l’eau chaude et la cuisson, l’augmentation représentera environ 42 € supplémentaires. Cette évolution constitue un record depuis janvier 2013, date de début de la série historique du prix repère du gaz. Le précédent niveau le plus élevé avait été enregistré seulement un mois auparavant, en septembre 2026.
Sur un an, la hausse est encore plus marquée. En octobre 2025, un foyer chauffé au gaz payait en moyenne 1 364 € par an, soit 448 € de moins qu’en octobre 2026. Dans le même temps, le prix du kilowattheure est passé de 0,10337 € à 0,14521 €.
Les tensions internationales continuent de peser sur les cours du gaz
Cette augmentation repose sur plusieurs facteurs liés aux coûts d’approvisionnement. Le prix repère du gaz combine une référence mensuelle et une référence trimestrielle, qui progressent toutes les deux au mois d’octobre. La référence mensuelle évolue de 53,71 €/MWh à 60,98 €/MWh, tandis que la référence trimestrielle passe de 46,67 €/MWh à 60,68 €/MWh, soit une progression proche de 30 %.
Les tensions géopolitiques influencent directement les marchés. Le blocage du détroit d’Ormuz depuis fin février 2026, après le début des hostilités entre les États-Unis et l’Iran, perturbe notamment les exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar vers l’Europe. Les marchés anticipent aussi un hiver sous surveillance. Au 8 septembre 2026, le contrat gazier français pour l’année 2027 sur le marché PEG atteignait 55,23 €/MWh, en hausse de 29,8 % sur un mois et de 83,6 % sur un an. Le contrat portant sur la période hivernale s’échangeait à 74,53 €/MWh.
Les réserves françaises progressent, mais restent suivies de près. Au 2 septembre, les stocks étaient remplis à 71,3 %, contre 59 % un mois auparavant. L’objectif fixé avant l’hiver est d’atteindre 85 %. La situation sur les volumes disponibles est jugée « relativement rassurante » par le régulateur, même si la France reste fortement dépendante des importations puisqu’elle achète environ 95 % du gaz qu’elle consomme à l’étranger.
Les offres à prix fixe peuvent protéger contre certaines hausses
Face à ces variations, certains consommateurs se tournent vers des offres à prix fixe afin de stabiliser leur budget. Ces contrats permettent de bloquer le tarif du kilowattheure hors taxes pendant une période déterminée, souvent comprise entre un et trois ans. Ces offres ne protègent pas contre les changements de fiscalité. Une hausse de l’accise sur le gaz ou de la TVA peut donc modifier le montant final payé par le client.
Choisir un prix fixe présente aussi une limite : si les cours du gaz diminuent fortement, le consommateur reste lié au tarif prévu dans son contrat. En revanche, cette solution permet de mieux anticiper ses dépenses lorsque les prix sont orientés à la hausse. Le changement de fournisseur reste gratuit pour les particuliers et ne provoque aucune coupure de gaz. Avant de souscrire une nouvelle offre, il faut vérifier précisément les conditions du contrat, car certains tarifs fixes concernent uniquement le prix du kilowattheure hors taxes et non l’ensemble de la facture.








