Emploi : le bâtiment français a perdu 40 000 postes en quatre ans

Le secteur du bâtiment est en mauvaise santé en France, particulièrement en matière d’emploi, avec un recul de 1,5 % au deuxième trimestre

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Emploi - Bâtiment
Emploi : le bâtiment français a perdu 40 000 postes en quatre ans | Econostrum.info

Le marché de l'emploi va mal dans le secteur du bâtiment français. La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) a fait savoir, mercredi 2 septembre 2026, que l’artisanat du bâtiment a reculé de 1,5 % au second trimestre. Cette baisse touche directement les entreprises, leur trésorerie et l'emploi.

Pour la Confédération en question, la mauvaise santé du secteur ne date de 2026. Sur RMC, son président Jean-Christophe Repon, rappelle que la contraction est là depuis près de quatre années. « C’est la quatrième année consécutive. On a détruit 40 000 emplois en trois ans et demi, quatre ans », a-t-il affirmé.

Quatre années difficiles et 40 000 emplois détruits

La situation financière des petites entreprises reflète cette faiblesse persistante. Plus de trois entreprises du secteur sur dix déclarent que leur trésorerie se détériore. Derrière ces chiffres, les artisans doivent composer avec des carnets de commandes sous pression alors que leurs propres coûts restent élevés.

Le problème vient en partie du décalage entre les prix que les professionnels doivent pratiquer et les sommes que les ménages peuvent consacrer à leurs travaux. « Nos prix ont augmenté (…) on a des difficultés aussi à trouver une adéquation entre nos carnets de commande et le pouvoir d’achat des particuliers », explique Jean-Christophe Repon.

Pour un particulier qui envisage une rénovation, une extension ou des travaux d’entretien, cette tension peut se traduire par des devis difficiles à faire entrer dans le budget. Les entreprises, elles, disposent de moins de marge pour absorber la hausse de leurs dépenses.

Matériaux, carburant et impayés mettent les trésoreries sous pression

Les difficultés ne s’arrêtent pas au volume des commandes. Les artisans supportent le prix des matériaux, du carburant et différentes charges liées à leur activité. Les délais de paiement ou les factures partiellement réglées aggravent alors rapidement leur situation financière.

Claire Cojean, qui dirige une entreprise de maçonnerie et de gros œuvre, décrit un phénomène très concret : « On envoie des factures aux clients qui considèrent qu’ils ont le droit de ne pas payer la totalité ou même partiellement la facture (…) On est vite dans le rouge ».

Dans son entreprise, le manque de liquidités atteint parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros. « Aujourd’hui, je suis dans les – 10 000, – 20 000 euros. Quand je suis à zéro, je suis contente », témoigne-t-elle.

Ce manque de trésorerie finit aussi par toucher l’investissement. La dirigeante explique ne plus pouvoir remplacer deux véhicules professionnels faute de moyens pour les réparer. « On ne s’en sort plus en fait », résume-t-elle.

La rénovation reste au cœur des inquiétudes pour les artisans

La situation intervient alors que la rénovation énergétique reste un marché déterminant pour de nombreuses TPE du bâtiment, notamment en termes de postes d'emploi. Les décisions publiques sur les aides peuvent donc avoir des effets rapides sur les commandes des particuliers. Le 30 juin 2026, la Capeb avait notamment dénoncé les réductions budgétaires touchant MaPrimeRénov’.

L’organisation professionnelle cherchait encore, le 6 juillet, à faciliter le financement des travaux en annonçant un partenariat avec Crédit Agricole Personal Finance & Mobility destiné à lever ce frein chez les ménages.

Pour les particuliers, l’état du secteur invite surtout à regarder attentivement le financement d’un chantier, les modalités de paiement et la solidité de l’entreprise choisie. Pour les artisans, l’équation reste serrée : retrouver des commandes à des prix compatibles avec le budget des ménages tout en couvrant leurs propres coûts. Après 40 000 emplois perdus en moins de quatre ans et un nouveau recul de 1,5 % au deuxième trimestre, le redémarrage se fait toujours attendre.

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