Les incendies majeurs qui ont touché plusieurs régions françaises cet été pourraient avoir des conséquences sur le prix des assurances habitation. Alors que les sinistrés commencent leurs démarches d’indemnisation, les assureurs anticipent une hausse importante du nombre de dossiers à traiter et un coût élevé des réparations. Si aucune augmentation automatique n’est encore décidée, l’ampleur des dégâts pourrait peser sur les tarifs futurs des contrats d’assurance.
Les habitants touchés disposent d’un délai supplémentaire pour déclarer leurs dommages. Face à l’ampleur exceptionnelle des incendies, le gouvernement a prolongé jusqu’au 31 août 2026 la période permettant aux victimes d’effectuer leurs déclarations de sinistres. Cette mesure vise à laisser davantage de temps aux particuliers confrontés à des logements endommagés ou détruits.
Des milliers de déclarations attendues après les incendies
Le montant total des indemnisations n’est pas encore connu, car les expertises doivent déterminer précisément l’étendue des destructions. Mais les professionnels de l’assurance s’attendent déjà à un volume de dossiers supérieur aux précédents épisodes majeurs.
Lors des incendies de Gironde en 2022, environ 2 000 déclarations de sinistres avaient été enregistrées. Cette année, les assureurs prévoient davantage de demandes, notamment parce que plusieurs centaines d’habitations ont été touchées.
« Il y aura certainement beaucoup plus de dossiers qu’en 2022. En 2022, les incendies en Gironde avaient donné lieu à 2.000 déclarations de sinistres. On s’attend à beaucoup plus (cette année) parce que plusieurs centaines d’habitations ont été touchées », explique Stéphanie Duraffourd, porte-parole du comparateur Assurland, auprès d’Europe 1.
Les particuliers ne sont pas les seuls concernés. Des entreprises touchées par les évacuations ou l’arrêt de leur activité pourraient également solliciter leur assurance. « Des entreprises aussi sont à l’arrêt. Il y aura certainement beaucoup plus de dossiers qu’en 2022, a priori », ajoute Stéphanie Duraffourd.
Au-delà des biens détruits, les assureurs devront aussi prendre en charge certains frais annexes prévus dans les contrats, notamment le relogement temporaire des habitants qui ne peuvent plus occuper leur logement.
Pourquoi les tarifs des assurances pourraient augmenter
La multiplication des événements climatiques coûteux pousse déjà les assureurs à revoir leurs modèles de risque. Les incendies représentent un facteur supplémentaire dans l’évolution de la sinistralité, c’est-à-dire le rapport entre le coût des dommages à indemniser et les cotisations encaissées.
Selon Stéphanie Duraffourd, « cette année, les tarifs ont déjà augmenté de 13% à l’échelle nationale et de 20% en Gironde ». Cette hausse ne signifie toutefois pas qu’une nouvelle augmentation sera appliquée immédiatement partout : les assureurs prennent en compte plusieurs éléments, comme la fréquence des sinistres, le coût des réparations et l’exposition des territoires aux risques.
L’évaluation des maisons entièrement détruites constitue l’un des principaux défis. Les experts doivent estimer le coût des reconstructions, qui nécessite souvent l’intervention de nombreux professionnels du bâtiment.
« La difficulté », selon la porte-parole d’Assurland, « c’est qu’il va falloir estimer le montant des maisons qui doivent être intégralement reconstruites. Potentiellement, cela fait intervenir plusieurs corps de métiers du bâtiment (des artisans, des charpentiers, des menuisiers) pour déterminer le montant de ces reconstructions. Ça peut prendre quelques semaines pour estimer les montants des dégâts », souligne Stéphanie Duraffourd.
Pour les particuliers concernés, la priorité reste donc de déclarer rapidement les dommages, de conserver les justificatifs et de suivre les démarches demandées par leur assureur. Les conséquences financières de ces incendies pourraient se prolonger plusieurs mois, le temps de finaliser les expertises et les indemnisations.








