Avec la forte hausse des prix des carburants, certains automobilistes cherchent des solutions pour réduire la facture lors du passage à la pompe. Huile végétale, gazole non routier ou achats transfrontaliers, plusieurs pratiques sont testées par les automobilistes, mais elles peuvent aussi exposer les conducteurs à des sanctions.
Au cours des dernières semaines, les prix de l’essence et du gazole ont augmenté significativement en France. Le 9 septembre 2026, le gazole se vendait en moyenne 2,29 euros le litre dans l’Hexagone, contre 2,12 euros pour l’E10, selon les données de TF1 Info. Au cours de certaines périodes, le gazole s’est même rapproché du seuil de 2,50 euros le litre. Avec une telle flambée, de nombreux conducteurs ont donc cherché des alternatives plus économiques.
Des témoignages recueillis par La Montagne et Franceinfo montrent que certains conducteurs utilisent de l’huile de friture récupérée auprès de restaurants ou se procurent du GNR, surnommé « rouge » en raison de sa coloration. Dans les deux cas, les règles sont strictes.
L’huile de friture non autorisée comme carburant routier
Certains propriétaires de vieux véhicules diesel récupèrent de l’huile alimentaire usagée pour alimenter leur voiture. L’un des automobilistes interrogés par La Montagne explique ainsi « faire le tour des fêtes de village » pour récupérer l’huile de friture. « C’est génial », assure-t-il. Son véhicule ne passe pourtant pas inaperçu : « Quand tu fais marche arrière notamment, t’as l’impression d’être un kebab sur roues ».
Sur la loi en France, l’utilisation d’huile végétale dans une voiture particulière circulant sur la route n’est strictement pas autorisée. En effet, l’article 265 ter du Code des douanes interdit notamment la carburation avec des produits dont l’utilisation comme carburant n’a pas été spécialement autorisée. L’huile végétale n’est par ailleurs pas fiscalisée comme un carburant routier soumis à la TICPE. Son utilisation dans une voiture peut donc constituer un détournement de destination fiscale.
Le problème n’est pas seulement juridique. Un spécialiste interrogé par TF1 Info souligne aussi les risques mécaniques. « les vieux diesel vont le supporter, mais en revanche, à froid, il y aura quand même des problèmes de démarrage ». Pour les modèles récents, le risque est plus important. « Les véhicules récents avec des moteurs à injection directe sont trop fragiles. On risque donc d’endommager tous les éléments mécaniques, » souligne le spécialiste.
Le gazole non routier est réservé à des usages précis
Le gazole non routier, ou GNR, est également utilisé par certains automobilistes qui veulent réaliser des économies à la pompe. Sa coloration rouge sert notamment à le distinguer du gazole routier et à faciliter les contrôles. En France, le GNR bénéficie d’un régime fiscal particulier pour certains usages autorisés, notamment dans le secteur agricole. Pour les usages personnels, l’utilisation de ce carburant n’est donc pas autorisée.
Un automobiliste interrogé par Franceinfo affirme ainsi que sa « 205 roule entièrement au rouge ». D’autres expliquent acheter du GNR en Belgique, où certaines stations en distribuent pour les usages autorisés. Le passage de la frontière ne change pas les règles applicables à l’utilisation du carburant en France. Lors d’un contrôle, les douanes peuvent vérifier le contenu du réservoir. Un usage irrégulier peut entraîner la récupération des taxes éludées et des sanctions financières.








