Recul de la natalité : France, Suède et Hongrie mettent en place des mesures qui peinent à relancer les naissances

Les pays européens connaissent un recul de la natalité. La France, la Suède, la Hongrie, l’Allemagne et l’Italie peinent à inverser la tendance.

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Natalité
Recul de la natalité : France, Suède et Hongrie mettent en place des mesures qui peinent à relancer les naissances. - Crédit : Canva | Econostrum.info

Le Haut commissariat à la Stratégie et au Plan a publié une note comparant les politiques familiales en France, Allemagne, Italie, Suède et Hongrie face au déclin de la natalité en Europe.

L’organisme souligne que si la France conserve l’un des taux de fécondité les plus élevés du continent, le pays suit néanmoins une tendance commune à la baisse des naissances. En 2025, 645 000 naissances ont été enregistrées en France, soit près d’un quart de moins qu’en 2010, tandis que le nombre de décès dépasse pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale celui des naissances.

L’indice conjoncturel de fécondité en France reste de 1,56 enfant par femme, supérieur à la moyenne européenne de 1,38. Les politiques publiques françaises incluent le congé maternité et paternité légaux, respectivement de 16 semaines et 4,2 semaines, rémunérés à 100 %. Le congé parental est accessible à 26 semaines supplémentaires pour chacun des parents, mais la rémunération ne représente que 13,7 % du salaire. En 2023, seulement 6 % des pères ont bénéficié de la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PrePare).

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Approches et écarts entre pays sur la question de la natalité 

La Suède consacre 3,3 % de son PIB aux politiques familiales et propose des congés parentaux longs, bien rémunérés et ouverts aux deux parents depuis 1974, ainsi qu’un développement massif des services d’accueil pour la petite enfance à coût modéré. Les mères disposent de 42,9 semaines payées à 56,9 % de leur salaire et les pères de 12,9 semaines à 77,6 %. Le taux d’activité professionnelle des femmes de 25 à 54 ans atteint 90,2 %, avec un écart de seulement 3,6 points par rapport aux hommes. Malgré cela, la Suède connaît un net recul du taux de fécondité depuis 2021, passant de 1,61 à 1,43 enfant par femme en 2024.

En Hongrie, la politique de l’encouragement de la natalité repose surtout sur des mesures fiscales. Depuis 2014, les familles peuvent imputer la déduction fiscale sur leurs cotisations sociales, ce qui bénéficie aux ménages à revenus modestes. Les congés maternité et paternité sont respectivement de 24 semaines et 2 semaines, tandis que le congé parental s’élève à 136 semaines pour les mères et 8,8 semaines pour les pères, avec des rémunérations limitées. L’objectif fixé par Viktor Orban pour 2030 est de 2,1 enfants par femme, le taux restant à 1,41 en 2024.

L’Allemagne ne propose pas de congé paternité légal, mais un congé parental de 44 semaines pour les mères et 8,7 semaines à 55,3 % pour les pères. Depuis 2007, une allocation parentale de 12 mois est versée, pouvant atteindre 14 mois pour les parents isolés ou si les deux parents prennent au moins deux mois chacun. Ces deux mois supplémentaires, appelés « mois partenaires », encouragent la participation du second parent. En 2021, 46 % des pères ont utilisé cette allocation, contre 3 % avant 2006.

L’Italie consacre seulement 1,4 % de son PIB à la natalité. Les congés maternité et paternité sont respectivement de 21,7 semaines rémunérées à 80 % et 2 semaines payées à 100 %. Le congé parental est limité à 26 semaines pour les mères à 55 % et 13 % pour les pères à 30 % du salaire. Le taux d’activité des femmes de 25 à 54 ans est de 70,1 %, soit un écart de 19 points avec les hommes.

Évolutions en France et perspectives pour relancer la natalité

Le congé paternité en France a été porté à 28 jours depuis juillet 2021. Le futur congé supplémentaire de naissance, prévu pour le 1er juillet 2026, permettra à chaque parent de prendre jusqu’à deux mois indemnisés en plus du congé légal. Selon le Haut commissariat à la Stratégie et au Plan, un décret à venir doit fixer le montant de l’indemnité journalière et le mécanisme de dégressivité, avec un premier mois indemnisé à 70 % du salaire net et le second à 60 %, plafonné à 4 005 euros mensuels.

L’organisme recommande d’allonger ce congé à trois mois pour l’un des parents si le père a passé au moins un mois auprès de l’enfant, afin de favoriser la participation paternelle et réduire l’impact sur la carrière des mères. Chaque pays européen adopte une approche différente, intégrant congés, fiscalité ou services d’accueil, mais aucun ne dispose d’une solution unique pour inverser durablement le déclin de la natalité.

 

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