Face aux difficultés que traverse la Sécurité sociale, le télétravail devra devenir une alternative aux arrêts maladie. Le 3 novembre 2025, la Cour des comptes a révélé que le déficit de la Sécurité sociale atteindrait 23 milliards d’euros cette année, une augmentation de 7,7 milliards par rapport à l’année précédente.
Dans ce contexte, le gouvernement cherche des solutions pour réduire les dépenses. En réponse, deux amendements adoptés en commission des Affaires sociales prévoient que les médecins puissent prescrire le télétravail comme alternative aux arrêts de travail complets pour les patients dont l’état de santé le permet.
Ces amendements ont été présentés par des parlementaires du Modem et des Républicains (LR). Ils visent principalement les salariés souffrant de troubles musculosquelettiques (comme les lombalgies) et de troubles anxio-dépressifs, tels que la dépression ou le burn-out. Le but est de permettre une reprise progressive du travail tout en continuant à travailler depuis chez soi si la situation le permet.
Actuellement, un salarié en arrêt maladie est interdit de travailler, même à distance. Cette mesure, si elle est adoptée, permettrait aux entreprises de ne plus refuser le télétravail pour des raisons médicales, à condition que le poste le permette. Cette solution pourrait concerner près de 30 % des actifs en France, offrant ainsi plus de flexibilité pour les employés et les employeurs.
Discussions législatives et impact sur les arrêts maladie
Ces amendements seront débattus cette semaine à l’Assemblée nationale. En cas d’adoption, ils pourraient marquer un tournant dans la gestion des arrêts maladie, dans un contexte où ces derniers sont en forte hausse. Une étude d’Axa France a révélé qu’en cinq ans, les arrêts maladie dans le secteur privé avaient augmenté de 41 %, en particulier chez les cadres de moins de 30 ans. Les troubles psychologiques, tels que le burn-out, la dépression et l’anxiété, sont souvent responsables des arrêts prolongés.
Les députés ont également voté une autre mesure dans le cadre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale. L’article 28 de ce projet propose de limiter la durée initiale des arrêts maladie à 15 jours pour les consultations en ville et à 30 jours pour celles réalisées en hôpital. Les renouvellements seraient possibles par tranches de deux mois, sauf en cas de nécessité médicale. Par ailleurs, les renouvellements d’arrêts maladie par télémédecine, c’est-à-dire lors de consultations par visioconférence, seraient interdits.
Cette révision de la gestion des arrêts maladie et l’introduction du télétravail comme alternative pourraient avoir des répercussions importantes sur la manière dont les entreprises et les employés abordent les questions de santé et de travail à distance dans les années à venir.








