Le changement de gouvernement en septembre 2025 a ravivé la question de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités, une mesure qui a été mise en place il y a près de 50 ans pour compenser la perte de pouvoir d’achat lors du passage à la retraite.
Ce dispositif permet aux retraités de déduire 10 % de leurs revenus, dans la limite de 4 399 € pour un foyer fiscal. Cependant, dans le cadre de la recherche de mesures d’économies, le précédent gouvernement de François Bayrou avait envisagé de supprimer cet avantage fiscal, une mesure qui aurait permis de récupérer entre 4 et 5 milliards d’euros pour les finances publiques. Le remplacement de François Bayrou par Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre a relancé les interrogations sur l’avenir de cette mesure.
Le nouveau gouvernement et l’avenir de l’abattement fiscal des retraités
Suite à la chute du gouvernement de François Bayrou, Sébastien Lecornu a été nommé Premier ministre par le président de la République. Le projet de budget 2026 que ce dernier devra présenter, au plus tard le 7 octobre 2025, inclut des économies substantielles pour redresser les finances publiques. Parmi les pistes envisagées par l’ancien gouvernement pour réduire les dépenses figurait la suppression de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités, afin de réaliser des économies significatives. Toutefois, malgré les précédentes propositions, Sébastien Lecornu n’a pas encore pris position sur ce dossier.
Certains experts et syndicats, comme l’UNSA Retraités, craignent que cette mesure ne soit reprise par le nouveau gouvernement, bien qu’il semble que Lecornu cherche à adopter une approche différente de son prédécesseur. Le Premier ministre a d’ores et déjà annulé d’autres propositions de François Bayrou, comme la suppression de deux jours fériés, en raison de leur impopularité. Cependant, il reste incertain si l’abattement fiscal des retraités sera suspendu ou supprimé.
Une solution intermédiaire pourrait être envisagée : la suspension de l’abattement fiscal pour l’année 2026, permettant ainsi de réaliser des économies estimées à 300 millions d’euros, sans toutefois supprimer définitivement l’avantage. Cette mesure pourrait permettre au gouvernement de gagner du temps tout en tentant de préserver une partie des avantages fiscaux pour les retraités.
Suspension de l’abattement fiscal des retraités et recherche d’un compromis pour éviter la censure
La question de la suppression ou de la suspension de l’abattement fiscal des retraités se pose également dans un contexte de recherche de compromis pour faire passer un budget au Parlement. En effet, le gouvernement de Sébastien Lecornu doit présenter un projet de budget qui soit à la fois réaliste sur le plan des économies et acceptable pour une majorité au Parlement. Pour éviter une contestation sociale importante, le gouvernement devra probablement chercher à obtenir le soutien de la gauche sur certains dossiers, comme la justice fiscale.
Ainsi, bien que la question de l’abattement fiscal des retraités soit toujours en discussion, la suspension de cette mesure semble être une piste sérieuse envisagée par le gouvernement actuel. La priorité reste de concilier la nécessité de réduire les dépenses publiques tout en évitant des mesures impopulaires susceptibles de nuire à la cohésion sociale et à la stabilité politique du gouvernement.








