Selon le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, le taux de chômage dans les quartiers prioritaires a baissé au cours des huit dernières années, ce qui signifie que les mesures mises en place pour encourager les jeunes à travailler ont porté leurs fruits.
Dans le détail, le taux de chômage est passé de 25 % en 2014 à 18,3 % en 2022 dans ces quartiers prioritaires, et ce, grâce aux actions menées par les associations et les pouvoirs publics.
Françoise, chargée de trouver des emplois pour les jeunes dans le quartier prioritaire lyonnais de Rillieux-la-Pape, qui compte 18 000 habitants, a expliqué à RMC que ce recul du chômage est « lié à une convergence des actions menées auprès de ces populations des quartiers prioritaires ».
Elle confie également que 60 % de son travail « consiste à motiver les gens ». Elle propose des formations aux jeunes pour favoriser leur insertion dans le monde professionnel et les accompagne également dans leur recherche d'emploi.
Samuel Mbo, chargé de mission emploi-insertion pour la ville de Lyon, mène des actions de terrain pour favoriser l'emploi. « Tout ce qui va être action de proximité, notamment aller vers les marchés, au plus proche du public, faire de la remobilisation », a-t-il expliqué.
Le maire de la ville a incité les entreprises à contribuer à la réduction du taux de chômage
De son côté, le maire de Lyon, Alexandre Vincendet, estime que la baisse du chômage est portée par les clauses d’insertion dans les marchés publics liés à la rénovation urbaine. Celles-ci incitent les entreprises à proposer des heures de travail aux habitants.
Toujours selon l’élu local, cela représente entre 25 000 et 30 000 heures par an. Chaque année, des heures supplémentaires sont créées grâce aux dizaines de millions d’euros investis dans la rénovation urbaine.
Toutefois, cette baisse du chômage, bien qu’elle représente une avancée significative pour les quartiers prioritaires, est loin de garantir des emplois bien rémunérés et durables. Ces postes, généralement à haute difficulté, ne sont pas proportionnels aux salaires offerts.
Les inégalités sociales persistent en France
Selon le rapport de l’Observatoire des inégalités, publié le 3 juin, les inégalités de niveau de vie ont augmenté en France, classant le pays, avant les impôts et la redistribution, parmi les nations riches les moins égalitaires.
Parmi les constats alarmants du rapport, 10 % des citoyens les plus aisés perçoivent en moyenne 3 653 euros, un montant 3,4 fois supérieur à celui des 10 % des plus pauvres, qui touchent en moyenne 1 080 euros. Selon l’indice de Gini mentionné dans une étude de Fipeco, la France n’est pas le pire pays en matière d’inégalité, avec un score de 29,7 après redistribution, légèrement supérieur à celui de l’Europe à 29,6.








