Les employés des stations-services suisses vont connaître une évolution significative de leurs conditions de travail et de rémunération à partir de 2026. Une nouvelle Convention collective de travail (CCT), entrée en vigueur le 1er janvier, prévoit des augmentations salariales progressives pour environ 14 000 travailleurs répartis à travers le pays.
Cette réforme touche particulièrement les employés des magasins de stations-services, un secteur connu pour ses horaires d’ouverture particulièrement longs et ses conditions de travail parfois difficiles. L’accord, déclaré de force obligatoire pour toute la Suisse, vise à améliorer non seulement les salaires, mais aussi la planification du travail, offrant ainsi un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Une augmentation progressive des salaires selon les régions
Dès le début de l’année 2026, les employés des stations-services bénéficieront d’une hausse de leurs salaires minimaux. Ce changement, qui se déroulera sur plusieurs années, consiste en une augmentation de 120 francs sur la période 2026-2028, avec une augmentation annuelle de 40 francs. Cette nouvelle CCT prévoit des salaires minimaux différenciés en fonction des régions, tenant compte des disparités économiques et du coût de la vie, révèlent l’Association de shops de stations-service suisse (AESS), les syndicats Unia, Syna et la Société suisse des employés de commerce (SEC suisse) dans un communiqué commun.
Au Tessin, où le salaire minimum des employés sans formation préalable sera de 3 690 francs brut par mois, soit le salaire le plus bas de Suisse, les employés des cantons du Valais, du Jura, des Grisons, de Schaffhouse et de Thurgovie percevront un salaire de 3 810 francs brut mensuels. Dans les autres régions de la Suisse, le salaire minimal sera de 3 910 francs par mois.
Cette révision vise à rendre le secteur des stations-services plus attractif en termes de rémunération, tout en répondant à une demande croissante des syndicats. Les syndicats et la SEC suisse ont salué cette avancée, soulignant qu’elle permettrait de rééquilibrer les salaires au sein d’un secteur souvent jugé sous-payé par rapport à d’autres industries.
Des mesures pour améliorer la conciliation entre vie professionnelle et personnelle
En plus de l’augmentation salariale, la nouvelle CCT introduit plusieurs mesures visant à améliorer la qualité de vie des employés des stations-services, un secteur où les horaires d’ouverture sont notoirement longs et irréguliers. Les partenaires sociaux ont insisté sur l’importance d’améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, un enjeu crucial dans un secteur soumis à des contraintes horaires sévères.
À partir du 1er janvier 2026, les plans de travail devront être communiqués aux employés trois semaines à l’avance, ce qui leur permettra une meilleure organisation de leur emploi du temps. Ce changement vise à réduire l’incertitude liée à la gestion des horaires, souvent un point de friction dans ce secteur. Par ailleurs, la durée minimale d’une période de travail a été fixée à deux heures, une mesure qui garantit que les employés ne seront plus soumis à des périodes de travail de moins de deux heures, souvent jugées peu rémunératrices et désorganisantes.
Une autre mesure importante concerne les employés à temps partiel, qui bénéficient désormais d’une plus grande flexibilité dans la planification de leurs horaires de travail. Cette mesure vise à répondre aux besoins des salariés qui ont des engagements familiaux ou qui travaillent dans plusieurs secteurs à la fois. En outre, la CCT inclut également des jours de formation continue. Les employés pourront bénéficier de jusqu’à cinq jours de formation par an, financés par leur employeur. Cette initiative est destinée à améliorer l’employabilité des travailleurs et à renforcer leurs compétences, ce qui peut également favoriser leur développement professionnel au sein du secteur.








