Zermatt, station prisée des skieurs et des randonneurs, est un véritable joyau touristique des Alpes suisses. Située au pied du Cervin, elle attire chaque année des milliers de visiteurs, contribuant à l’intensité de l’activité économique dans la région.
Cependant, derrière cette popularité se cache un phénomène surprenant : la commune, bien que localisée dans le canton du Valais, compte plus de travailleurs étrangers que de résidents suisses. Un fait qui soulève des questions sur les enjeux économiques et sociaux de cette situation.
Un afflux touristique record soutenu par une main-d’œuvre internationale
Zermatt enregistre l’activité économique la plus intense de toute la Suisse, en grande partie grâce à son secteur touristique. En 2024, la station a accueilli 1,64 million de nuitées, un chiffre impressionnant qui place Zermatt juste derrière Zurich en termes de fréquentation hôtelière, d’après les dernières Statistiques des villes suisses.
Le tourisme de montagne attire non seulement des vacanciers suisses, mais aussi de nombreux étrangers, faisant de la station l’une des destinations les plus populaires du pays. Les visiteurs viennent profiter des pistes de ski et des paysages alpins, attirés par les montagnes majestueuses et la réputation de Zermatt comme un paradis pour les amateurs de sports d’hiver.
Pour répondre à cette forte demande touristique, Zermatt a besoin d’une main-d’œuvre importante. Le secteur de l’hébergement et de la restauration emploie à lui seul près de 50 % des travailleurs de la commune. Toutefois, la population locale ne suffit pas à combler tous les besoins, ce qui oblige la station à recruter des travailleurs étrangers. Ces derniers représentent 47,27 % de la population de Zermatt, un chiffre qui dépasse celui des électeurs inscrits (2748) dans la commune, qui compte 2883 habitants. Ce déséquilibre révèle la dépendance de la station vis-à-vis d’une main-d’œuvre internationale, qui assure la bonne marche des infrastructures touristiques locales.
Le profil des travailleurs étrangers est varié. Plus d’un tiers des étrangers sont portugais (1102), suivis des Italiens (449), des Allemands (310) et des Espagnols (105). Ces travailleurs, souvent saisonniers, sont indispensables à la gestion des hôtels, des restaurants et autres établissements touristiques. La diversité de la main-d’œuvre permet à Zermatt de maintenir une offre de services de haute qualité, capable de satisfaire les besoins d’une clientèle internationale.
Des chiffres impressionnants : l’activité économique et le faible taux de chômage
Outre la présence d’une main-d’œuvre étrangère conséquente, Zermatt se distingue par son taux d’activité net exceptionnel, qui s’élève à 89,9 %, comme le souligne Blick. Ce chiffre place la station en tête des communes suisses, devançant largement d’autres grandes villes du pays. Le taux d’emploi élevé traduit la dynamique économique locale, où la demande pour des travailleurs dans les secteurs liés au tourisme est en constante augmentation.
L’un des résultats de cette forte activité économique est un taux de chômage particulièrement bas, à seulement 1,04 %. Cette situation témoigne de la santé du marché de l’emploi à Zermatt, où la quasi-totalité de la population active trouve un emploi, en grande partie dans les secteurs liés au tourisme.
Les travailleurs étrangers, bien qu’ils ne soient pas permanents, contribuent largement à cette performance en répondant aux besoins fluctuants du secteur. Cette situation est toutefois fragile, car elle repose sur la présence continue de travailleurs étrangers, souvent venus pour des contrats saisonniers, qui ne bénéficient pas toujours d’une stabilité professionnelle à long terme.
Cela soulève des interrogations sur la durabilité de ce modèle économique. Si la station parvient à maintenir un taux de chômage aussi bas grâce à une main-d’œuvre étrangère importante, elle risque toutefois de se retrouver vulnérable face à des changements dans les politiques migratoires ou à des perturbations dans le secteur touristique. La dépendance à l’égard des travailleurs étrangers soulève également des questions sur les conditions de logement et d’intégration des ces travailleurs, qui sont souvent confrontés à des difficultés liées au coût de la vie et à la mobilité constante.








