En octobre 2025, le marché du travail suisse a connu une légère hausse du taux de chômage, atteignant 2,9 %, soit une augmentation de 0,1 point par rapport au mois précédent. Cette évolution est le reflet d’un climat économique mondial difficile, marqué par des tensions commerciales, notamment les droits de douane imposés par les États-Unis.
Le contexte économique morose, combiné à un ralentissement de la demande dans certains secteurs clés, a fragilisé le marché du travail. Ces évolutions sont particulièrement préoccupantes car elles surviennent après une longue période de stabilité relative.
Une croissance modeste mais significative du chômage en octobre
Le taux de chômage en Suisse a enregistré une légère hausse en octobre, atteignant 2,9 %, selon le Secrétariat d’État à l’économie (SECO). Cette augmentation, bien que modeste, traduit une tendance inquiétante, avec 135’212 personnes recensées comme chômeurs, soit 1,5 % de plus qu’au mois de septembre. Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 1 979 personnes, confirmant un ralentissement du marché du travail. À l’échelle annuelle, les chiffres sont encore plus marquants : le chômage a bondi de 16,1 % par rapport à octobre 2024. Cette progression traduit une fragilité croissante dans une économie suisse qui avait jusque-là résisté relativement bien aux pressions économiques mondiales.
Si l’on prend en compte les variations saisonnières, la situation s’aggrave légèrement, avec 140’018 chômeurs calculés de manière corrigée des variations saisonnières. Dans ce calcul, le taux de chômage s’élève à 3,0 %. La hausse du nombre de chômeurs pourrait être interprétée comme un signe avant-coureur d’une tendance à long terme, bien que l’augmentation soit relativement modeste pour l’instant.
Cette situation trouve en partie son origine dans le contexte international difficile. L’instabilité économique mondiale, exacerbée par les tensions commerciales et les droits de douane imposés par les États-Unis, a pénalisé certains secteurs économiques clés pour la Suisse. L’industrie, notamment les secteurs manufacturiers et l’horlogerie, a vu sa demande extérieure diminuer, entraînant des licenciements et des mises à pied dans certains domaines.
Des groupes d’âge particulièrement vulnérables : les jeunes et les seniors
Les statistiques de chômage en Suisse montrent que certains groupes d’âge sont plus vulnérables aux fluctuations du marché du travail. En octobre 2025, le nombre de chômeurs âgés de 15 à 24 ans a diminué de 2,8 % par rapport au mois précédent, atteignant 13’470 jeunes demandeurs d’emploi. Cependant, sur un an, le chômage dans cette catégorie a augmenté de 15,9 %. Bien que le taux de chômage des jeunes ait légèrement diminué, il reste néanmoins élevé, à 3,1 %, ce qui reste préoccupant pour cette tranche d’âge souvent confrontée à des difficultés pour accéder à un emploi stable.
À l’opposé, les travailleurs âgés de 50 à 64 ans connaissent une situation bien plus difficile. Le nombre de chômeurs dans cette tranche d’âge a atteint 36’969 personnes en octobre, en augmentation de 2,1 % par rapport au mois précédent et de 15,5 % par rapport à octobre 2024. Le taux de chômage des seniors est resté stable à 2,5 %, mais cette stabilité masque la réalité de leur insertion difficile sur le marché de l’emploi. Les travailleurs plus âgés font face à des obstacles importants, notamment une perception moins favorable de leur employabilité et des difficultés à se reconvertir dans un environnement professionnel de plus en plus exigeant et dynamique.
Les seniors représentent donc une part croissante des demandeurs d’emploi, et leur réinsertion sur le marché du travail devient un défi majeur. En raison de la rigidité de certains secteurs et de l’absence de solutions adaptées pour leur reconversion, ces travailleurs peinent à retrouver un emploi après une période de chômage. Cette situation illustre les difficultés auxquelles la Suisse doit faire face pour maintenir un marché du travail inclusif et solidaire.
Le marché du travail suisse semble donc se fragiliser, touchant particulièrement les jeunes et les seniors, deux groupes d’âge aux parcours professionnels souvent marqués par des inégalités d’accès à l’emploi. La question du chômage, au-delà des chiffres bruts, soulève des enjeux sociaux et économiques de grande ampleur.








