Les Suisses se sont enrichis en 2025, mais les ménages ne ressentent toujours pas la différence 

Malgré la hausse des prix, la richesse des ménages suisses continue d’augmenter, mais tous n’en profitent pas de la même manière.

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Les Suisses se sont enrichis en 2025, mais les ménages ne ressentent toujours pas la différence : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

En 2025, le patrimoine des ménages suisses a poursuivi sa progression, confirmant une tendance observée depuis plusieurs années. Cette évolution intervient pourtant dans un contexte marqué par des hausses de prix qui pèsent sur le budget quotidien. 

Derrière cette apparente contradiction, ce sont surtout les valorisations de l’immobilier et des actifs financiers qui expliquent cette hausse. Les chiffres publiés par la Banque nationale suisse (BNS) permettent de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre.

Immobilier, marchés financiers et prévoyance tirent la richesse vers le haut

Selon le dernier rapport de la BNS, les actifs financiers des ménages suisses ont atteint 3278 milliards de francs en 2025, soit une progression de 3,8% sur un an. Cette augmentation repose en grande partie sur les décisions des ménages eux-mêmes. Ceux-ci ont notamment renforcé leurs droits liés à la prévoyance vieillesse professionnelle, acquis des parts de placements collectifs et augmenté leurs dépôts.

Dans le détail, la structure de l’épargne a évolué. En raison de la baisse des taux d’intérêt, des transferts ont été observés des dépôts à terme vers les dépôts à vue. Parallèlement, les ménages ont bénéficié de gains en capital liés à la hausse des marchés boursiers, ce qui a contribué à l’augmentation globale de leur patrimoine financier.

L’immobilier constitue l’autre pilier de cette progression. À la fin de l’année 2025, la valeur de marché du patrimoine immobilier des ménages a atteint 2924 milliards de francs, en hausse de 5%. Ce segment représente près de la moitié de la richesse totale. Cette évolution est directement liée à la hausse des prix de l’immobilier, un phénomène qui soutient l’enrichissement des propriétaires depuis plusieurs décennies.

Sur le long terme, la tendance est encore plus marquée. En l’espace de 25 ans, la valeur du patrimoine immobilier des ménages a triplé. Les actifs financiers ont également plus que doublé sur la même période, portés principalement par les investissements et les opérations d’épargne. Ces éléments montrent que la croissance de la richesse repose largement sur la valorisation des actifs.

Une richesse en hausse malgré des dettes et des écarts persistants

La progression du patrimoine ne se fait pas sans contrepartie. Les passifs des ménages ont également augmenté, dépassant 1070 milliards de francs en 2025, soit une hausse de plus de 3%. La grande majorité de ces dettes correspond à des prêts hypothécaires, qui s’élèvent à 983 milliards de francs. Cette évolution reflète le poids important de l’immobilier dans la structure financière des ménages suisses.

Malgré cette augmentation de l’endettement, la valeur nette des ménages a progressé. Elle atteint désormais 5132 milliards de francs, en hausse de 4,6% sur un an. Cet indicateur, qui correspond à la différence entre les actifs et les passifs, a plus que doublé en 25 ans. La BNS souligne que cette croissance s’explique principalement par la hausse du patrimoine immobilier, plus rapide que celle des dettes.

Cette dynamique reste toutefois inégalement répartie. Les ménages propriétaires bénéficient directement de la valorisation de l’immobilier, tandis que les locataires ne profitent pas de cet effet. De même, les personnes disposant d’investissements financiers voient leur patrimoine évoluer plus favorablement que celles qui en sont dépourvues.

Par ailleurs, cette augmentation de la richesse ne signifie pas nécessairement une amélioration du pouvoir d’achat. Les hausses de prix dans la vie quotidienne peuvent atténuer la perception de cet enrichissement. Il existe ainsi un décalage entre une richesse mesurée en termes d’actifs et la situation financière ressentie par les ménages.

Les données publiées par la BNS illustrent donc une réalité nuancée. D’un côté, le patrimoine global des Suisses continue de croître, porté par des facteurs structurels solides. De l’autre, cette évolution reste dépendante de la détention d’actifs et n’est pas perçue de manière uniforme par l’ensemble de la population.

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