55% des Suisses dans la tourmente : malgré la richesse du pays, la classe moyenne lutte pour joindre les deux bouts  

La classe moyenne en Suisse, bien que majoritaire, est de plus en plus confrontée à des tensions économiques. Un quart d’entre elle lutte pour faire face aux imprévus.

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55% des Suisses dans la tourmente : malgré la richesse du pays, la classe moyenne lutte pour joindre les deux bouts : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

En Suisse, plus de la moitié de la population appartient à la classe moyenne. Mais cette tranche, souvent perçue comme un indicateur de stabilité économique, se retrouve confrontée à plusieurs difficultés financières. Selon une analyse de l’Office fédéral de la statistique (OFS), un quart de la classe moyenne inférieure peine à faire face à des dépenses imprévues de 2500 francs. 

Ce constat, tiré de l’enquête 2023 sur le budget des ménages et de l’enquête 2024 sur les revenus et les conditions de vie, met en lumière une réalité inquiétante. Bien que la classe moyenne soit majoritaire en Suisse, une partie d’entre elle vit dans une précarité croissante.

Une classe moyenne sous pression

En 2024, 55,2 % de la population suisse appartient à la classe moyenne, selon le dernier rapport de l’OFS. Ce groupe est composé, entre autres, des personnes vivant seules dont les revenus mensuels bruts oscillent entre 4228 et 9061 francs.

Les couples avec deux enfants de moins de 14 ans, dont les revenus mensuels bruts varient entre 8800 et 19 028 francs, font également partie de cette catégorie. Toutefois, derrière cette catégorie d’apparence homogène, il existe une distinction importante entre les membres de la classe moyenne supérieure et ceux de la classe moyenne inférieure, distinction qui se reflète dans les difficultés financières rencontrées. La classe moyenne inférieure, qui représente environ 25 % de la population résidante permanente en Suisse, soit environ 2,3 millions de personnes, rencontre des obstacles financiers majeurs.

Par exemple, selon l’OFS, 10,5 % de ce groupe, soit environ 240 000 personnes, consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible aux frais de logement, un chiffre bien plus élevé que la classe moyenne supérieure, où seulement 3,5 % des ménages rencontrent cette difficulté.

La hausse constante des loyers dans les grandes villes suisses contribue largement à cette situation, mettant une pression supplémentaire sur les budgets des ménages modestes. Cette situation explique en partie pourquoi une proportion significative de la classe moyenne inférieure se trouve à la limite de ses capacités financières.

Les signes d’une précarité croissante

Les défis ne se limitent pas au logement. En 2024, un quart des membres de la classe moyenne inférieure (soit environ 600 000 personnes) déclarent ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 2500 francs. À titre de comparaison, seulement 10,9 % des personnes appartenant à la classe moyenne supérieure font face à ce problème.

Ce fossé dans la capacité à gérer les imprévus financiers illustre un autre aspect de la fragilité de la classe moyenne inférieure : l’incapacité à épargner ou à faire face à des événements non anticipés.

Cette situation est encore aggravée par la difficulté de joindre les deux bouts à la fin du mois. En 2024, 14,1 % des membres de la classe moyenne inférieure, soit environ 320 000 personnes, jugent difficile ou très difficile de gérer leur budget mensuel. Ce chiffre contraste fortement avec celui de la classe moyenne supérieure, où ce taux est bien plus bas. Ce stress financier se reflète également dans la capacité à profiter des loisirs.

Par exemple, 11,1 % des membres de la classe moyenne inférieure n’ont pas pu partir en vacances pour des raisons financières, tandis que seulement 3,1 % des personnes de la classe moyenne supérieure se trouvent dans cette situation. Les vacances, qui étaient auparavant considérées comme un droit pour une majorité de la population, deviennent donc un luxe pour une partie de la classe moyenne suisse.

Les membres de la classe moyenne inférieure semblent également moins satisfaits de leur situation financière que leurs homologues de la classe moyenne supérieure. Les disparités dans les conditions de vie et dans les attentes vis-à-vis de la qualité de vie se creusent, nourrissant un sentiment de frustration et de pression chez une partie significative de la population.

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