Ces secteurs où même un master ne protège plus les contre le chômage en Suisse

L’intelligence artificielle et la saturation des secteurs comme la finance et l’informatique contribuent à la crise du chômage des jeunes diplômés universitaires en Suisse.

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Ces secteurs où même un master ne protège plus contre le chômage en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le marché de l’emploi en Suisse fait face à une réalité inquiétante : un nombre croissant de jeunes diplômés universitaires se retrouvent sans emploi. En 2025, un tiers des chômeurs en Suisse sont des diplômés universitaires, alors même que leur présence globale sur le marché du travail n’a augmenté que de 1%. 

Cette situation s’aggrave dans des secteurs autrefois considérés comme des bastions de sécurité, tels que l’informatique et la finance. L’essor de l’intelligence artificielle (IA), qui modifie profondément les exigences professionnelles, est l’un des facteurs clés expliquant cette évolution.

L’impact de l’IA sur le marché du travail

L’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le marché de l’emploi des jeunes diplômés est désormais indéniable. L’IA joue un rôle clé dans la crise du chômage, en particulier dans des secteurs comme l’informatique et le marketing, où des tâches simples et répétitives sont de plus en plus automatisées. Une étude menée par l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) montre que, depuis l’arrivée de ChatGPT fin 2022, le chômage a augmenté dans certaines professions fortement exposées à l’IA. Les métiers de développeurs, de professeurs de langues ou encore de spécialistes marketing subissent des conséquences directes, car l’IA peut désormais réaliser des tâches qui étaient autrefois réservées aux débutants, telles que l’analyse de données ou la rédaction de contenu simple.

Dans le secteur informatique, les entreprises investissent massivement dans l’automatisation, ce qui réduit le nombre de postes disponibles pour les jeunes diplômés. Selon les données du journal Tages-Anzeiger, les offres d’emploi dans l’IT ont chuté de 31% début 2025. De plus, le nombre de chômeurs dans ce secteur a doublé en trois ans, passant de 1700 à 4000, alors même que les compétences des jeunes diplômés dans des domaines comme la data science sont de plus en plus recherchées. Les entreprises préfèrent désormais externaliser des tâches informatiques vers des pays à faible coût ou encore automatiser les processus, réduisant ainsi la demande de main-d’œuvre locale. Ce phénomène rend la recherche d’un emploi dans ce domaine encore plus compétitive, avec des candidats devant affronter des tests longs et difficiles pour des opportunités limitées.

Des secteurs saturés et des opportunités réduites

Si l’IA est un facteur majeur, elle n’est pas la seule cause de la crise du chômage chez les jeunes diplômés en Suisse. La saturation de certains secteurs, notamment la finance et l’informatique, contribue également à cette situation. Le secteur bancaire, par exemple, a été durement frappé par la fusion UBS-Credit Suisse, un événement qui a eu un impact profond sur le marché de l’emploi, particulièrement à Zurich. Les opportunités dans ce domaine se font de plus en plus rares, et même les stages, souvent considérés comme un tremplin pour les jeunes diplômés, sont désormais pris d’assaut par des candidats de plus en plus qualifiés. Les titulaires de master, auparavant destinés à des postes plus élevés, se retrouvent à postuler pour des stages traditionnellement occupés par des bachelors, ce qui ne fait qu’aggraver la concurrence.

Ce phénomène est également observé dans l’informatique, où une jeune diplômée en data science a envoyé plus de 60 candidatures sans succès. Bien que ses compétences soient solides, elle n’a obtenu que quelques entretiens, souvent accompagnés de tests exigeants qui s’étendent sur plusieurs jours. Cela démontre la difficulté à décrocher un poste dans un secteur où la demande est forte, mais où la concurrence est exacerbée. Le nombre de jeunes diplômés dans des domaines techniques comme l’informatique a augmenté, tandis que les offres d’emploi n’ont pas suivi cette tendance. Le marché s’est donc saturé, rendant l’entrée dans ces secteurs encore plus difficile.

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