Au premier trimestre 2026, deux géants suisses, Roche et Nestlé, ont enregistré un recul de leur chiffre d’affaires, mettant en lumière les défis économiques auxquels sont confrontées les grandes entreprises helvétiques. Roche a annoncé une baisse de 5 % de ses revenus, principalement due aux effets négatifs des fluctuations monétaires, bien que ses ventes aient progressé de 6 % hors effets de change.
De son côté, Nestlé a vu ses revenus chuter de 5,7 %, affecté par le rappel de ses produits laitiers infantiles. Malgré ces résultats, les deux entreprises ont fait état de croissances organiques positives, ce qui souligne leur capacité à se réinventer face aux turbulences économiques mondiales.
Roche : une performance en demi-teinte
Le laboratoire pharmaceutique Roche a vu son chiffre d’affaires chuter de 5 % au premier trimestre 2026, s’élevant à 14,7 milliards de francs suisses. Cette baisse est directement liée aux effets négatifs des fluctuations des devises, qui ont pesé sur les résultats du groupe. Toutefois, hors effets de change, Roche affiche une croissance impressionnante de 6 %, avec une progression de 7 % dans sa division pharmaceutique et de 3 % dans son activité de diagnostics.
Les performances solides de Roche sur ses segments principaux montrent la résilience du groupe, malgré l’impact des taux de change. La division pharmaceutique, en particulier, continue d’être le moteur de la croissance, soutenue par le succès de ses médicaments dans des domaines tels que l’oncologie et les maladies rares. La division des diagnostics, bien que moins dominante, reste également un secteur stratégique pour le groupe, offrant une stabilité dans un marché en constante évolution.
Cependant, la dépendance de Roche aux fluctuations des devises souligne l’un des grands défis de l’entreprise. Avec une part importante de ses ventes réalisées à l’international, notamment en dollars et en euros, les variations de ces devises affectent directement la rentabilité du groupe. Pour compenser ces effets, Roche devra probablement renforcer ses stratégies de couverture contre les risques de change et diversifier davantage ses activités pour mieux résister aux chocs externes.
Nestlé : entre difficultés et résilience
Nestlé, le géant suisse de l’agroalimentaire, a également connu un recul de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2026. Le groupe a annoncé une baisse de 5,7 %, atteignant 21,3 milliards de francs suisses. Cette baisse a été principalement attribuée au rappel de produits laitiers infantiles, qui a impacté négativement les ventes dans cette catégorie spécifique. Toutefois, la croissance organique de Nestlé, qui exclut les effets de change et les acquisitions, a atteint 3,5 %, un chiffre au-dessus des attentes des analystes, qui tablaient sur 2,5 %.
Ce résultat positif est d’autant plus remarquable que Nestlé évolue dans un environnement marqué par l’incertitude géopolitique et des risques macroéconomiques accrus. Le groupe a su tirer parti de son portefeuille diversifié et de son engagement en matière de durabilité, ce qui a permis une croissance interne réelle de 1,2 %, bien au-dessus des prévisions des analystes. Le nouveau directeur général de Nestlé, Philipp Navratil, a souligné que la stratégie mise en place pour redresser les ventes commençait à porter ses fruits, malgré les difficultés économiques mondiales, indique Blick.
Nestlé maintient ses prévisions pour 2026, visant une croissance d’environ 3 % à 4 %. Le groupe table également sur une accélération de la croissance interne réelle, par rapport à 2025, en capitalisant sur son large éventail de produits alimentaires et de boissons, ainsi que sur ses récentes initiatives dans les secteurs des produits végétariens et de la nutrition. Le rappel de produits, bien qu’il ait affecté les résultats du groupe, semble être un épisode isolé dans une stratégie de long terme qui cherche à s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs.








