Au rayon frais, le thermomètre est monté jusqu’à 50 °C. Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre 2026, des pirates ont modifié à distance le fonctionnement des réfrigérateurs et des congélateurs de centaines de supermarchés français. Des viandes, produits laitiers et surgelés sont devenus invendables.
Les victimes du piratage se retrouvent avec des stocks à jeter et une facture qui pourrait atteindre des millions d’euros. En Suisse, les distributeurs ont été sollicités pour savoir si leurs magasins avaient subi le même sort.
Une nuit de piratage, des rayons à vider
Les pirates ont notamment détourné le dégivrage pour faire grimper les températures, a expliqué le patron d’Intermarché, Thierry Cotillard. Les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss figurent parmi les équipements ciblés. L’entreprise explique qu’une grande partie des appareils touchés appartiennent à d’anciennes générations, qui ne reçoivent plus de mises à jour logicielles ou de sécurité.
Pour les magasins concernés, relancer le froid ne suffit pas à sauver les stocks. Les aliments touchés doivent être détruits pour respecter la chaîne du froid. De son côté, Danfoss rappelle avoir recommandé à ses clients de remplacer les anciens systèmes et de tenir à jour les modèles encore pris en charge.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l’Office anticybercriminalité. L’identité des responsables reste à établir. Une source sécuritaire citée par l’AFP indiquait qu’aucun élément ne permettait, à ce stade, de parler d’une attaque étatique.
Des installations pilotables à distance
Les équipements industriels de réfrigération peuvent désormais être surveillés et commandés à distance. Cette connexion facilite leur supervision, mais la sécurité de leurs accès devient alors déterminante.
Dans son alerte publiée le 12 octobre et actualisée le 13, le CERT-FR, rattaché à l’ANSSI, signale de nombreuses compromissions de contrôleurs d’installations frigorifiques. Il rappelle que rendre une interface de gestion directement accessible sur Internet est contraire aux bonnes pratiques.
Ses recommandations portent notamment sur la suppression de cette exposition, l’utilisation d’un réseau protégé et les mises à jour des équipements. Le nom du fabricant ne suffit donc pas, à lui seul, à juger la sécurité d’une installation.
Migros confirme utiliser certains systèmes Danfoss
Interrogée par Blick, Migros indique qu’aucun indice ne laisse penser que ses appareils frigorifiques ou ses installations de froid en Suisse ont été visés par une cyberattaque.
L’enseigne confirme néanmoins employer les mêmes systèmes Danfoss que ceux ciblés en France, « dans un nombre limité de magasins ». Elle ne précise pas lesquels, ni le détail des dispositifs de protection mis en place.
Migros invoque des raisons de sécurité pour garder ces informations confidentielles. Sa réponse permet donc de connaître la présence de ces équipements dans une partie de son réseau, mais pas d’évaluer publiquement leurs protections.
Coop, Aldi et Lidl restent discrets
Coop assure également ne pas avoir été touchée. En revanche, le distributeur ne souhaite pas préciser s’il utilise des systèmes Danfoss. Il refuse aussi de commenter d’éventuels incidents informatiques passés ayant affecté ses installations frigorifiques.
Sur un point, l’enseigne répond clairement : elle dispose d’une procédure d’urgence en cas de cyberattaque. Son fonctionnement reste confidentiel.
Aldi et Lidl indiquent, eux aussi, ne pas être concernés par le piratage. Aldi affirme suivre attentivement la situation en France, tout en refusant de détailler les équipements techniques de ses magasins pour des raisons tactiques. Lidl ne donne pas davantage de précisions sur ses installations ou leurs protections.








