Trop proche de Lindor : ce détail chocolaté contraint Aldi de retirer un best-seller en de ses rayons en Suisse

Aldi contraint de retirer ses boules de chocolat rouge Moser Roth en Suisse après une décision de justice favorable à Lindt.

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Chocolat
Trop proche de Lindor : ce détail chocolaté contraint Aldi de retirer un best-seller en de ses rayons en Suisse : Crédit : KEYSTONE/Martin Ruetschi | Econostrum.info - Suisse

Le conflit entre grandes marques et distributeurs franchit une nouvelle étape en Suisse avec une décision de justice très attendue dans le secteur du chocolat. Le Tribunal de commerce du canton d’Argovie a tranché en faveur de Lindt & Sprüngli face à Aldi Suisse, dans un litige portant sur des produits jugés trop similaires. 

Au centre de l’affaire, des boules en chocolat rouges commercialisées sous la marque Moser Roth, accusées d’imiter les célèbres Lindor. Cette décision met en lumière les limites juridiques de la concurrence dans un marché où l’apparence des produits joue un rôle déterminant.

Les boules rouges d’Aldi jugées comme une imitation déloyale

Le Tribunal de commerce argovien a estimé que les boules en chocolat rouges de la gamme Moser Roth constituent une imitation illicite des Lindor de Lindt. Les juges ont particulièrement insisté sur l’emballage du produit, qui reprend des éléments visuels caractéristiques du chocolatier zurichois. En cause, un double emballage superposé, une couleur rouge dominante et des ornements dorés associés à un film transparent, autant de détails qui, combinés, créent une impression globale très proche des produits Lindor.

Dans sa décision, la Cour évoque une « imitation inutile » au sens du droit sur la concurrence. Elle reconnaît que la forme sphérique des chocolats ne peut être protégée en tant que telle, car elle appartient au domaine commun. En revanche, l’association de plusieurs codes visuels distinctifs a été jugée problématique, car elle exploite la forte notoriété des boules Lindor auprès des consommateurs.

Le tribunal relève également qu’Aldi n’a fourni aucune justification objective quant au choix de ce design spécifique. Selon les juges, le distributeur aurait pu adopter une présentation visuelle suffisamment différente pour éviter toute confusion. En conséquence, Aldi Suisse est contraint de retirer immédiatement ces produits de la vente sur le territoire helvétique.

Autre élément notable de la décision, l’enseigne allemande devra transmettre son chiffre d’affaires réalisé avec ces boules rouges, selon les informations relayées par Blick. Cette mesure vise à permettre l’évaluation d’éventuels dommages et intérêts en faveur de Lindt & Sprüngli, qui pourrait ainsi obtenir une compensation financière en fonction des ventes réalisées depuis la commercialisation du produit.

Une décision partielle qui laisse une marge à Aldi

Si Lindt remporte une victoire significative, le jugement ne lui donne pas raison sur l’ensemble de ses revendications. Le Tribunal de commerce argovien a en effet rejeté les accusations concernant d’autres produits d’Aldi., notamment les boules commercialisées sous la marque « Délice ». Ces dernières, déclinées en plusieurs couleurs comme le bleu, le brun, le blanc, le jaune ou encore le pourpre, présentent selon les juges des différences suffisantes pour écarter tout risque de confusion avec les Lindor.

Cette distinction souligne l’importance de l’analyse globale du produit dans ce type de litige. Ce n’est pas un élément isolé qui détermine une violation, mais bien l’impression d’ensemble laissée au consommateur. Dans le cas des variantes « Délice », le tribunal estime que les choix visuels d’Aldi s’éloignent suffisamment de ceux de Lindt pour éviter toute association directe.

Aldi commercialise ses boules en chocolat depuis 2016, ce qui montre que ces produits étaient installés de longue date dans ses rayons. La décision actuelle pourrait donc avoir un impact économique non négligeable pour l’enseigne, en particulier si des dommages et intérêts viennent s’ajouter à l’obligation de retrait.

Il reste toutefois une incertitude juridique. Le jugement n’est pas encore définitif et peut faire l’objet d’un recours devant le Tribunal fédéral. Une telle procédure pourrait prolonger le bras de fer entre les deux acteurs et retarder l’application complète des mesures décidées.

Cette affaire illustre les tensions croissantes entre fabricants historiques et distributeurs, dans un contexte où les marques propres gagnent du terrain. Elle rappelle aussi que, dans l’industrie alimentaire, l’identité visuelle peut devenir un enjeu central, capable de déclencher des batailles judiciaires aux conséquences concrètes sur les rayons des supermarchés.

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