Très mauvaise nouvelle : La Poste prévoit la suppression d’une centaine d’emplois

La Poste Suisse prévoit de supprimer une centaine de postes en raison de la baisse de ses résultats, mais compte sur une réorganisation pour assurer son avenir.

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Très mauvaise nouvelle : La Poste prévoit la suppression d’une centaine d'emplois : Crédit : dominic favre / keystone | Econostrum.info - Suisse

La Poste Suisse, un des piliers du service public en Suisse, fait face à une situation économique complexe. Après avoir enregistré une baisse significative de son résultat d’exploitation et de son bénéfice au premier semestre 2025, l’entreprise prévoit de réorganiser ses activités, ce qui pourrait entraîner la suppression d’une centaine d’emplois. 

La Poste, tout en affichant des résultats légèrement meilleurs que l’an dernier en termes de chiffre d’affaires, n’a pu éviter des pertes dans plusieurs de ses secteurs clés. Cette situation entraînera des décisions difficiles pour l’avenir de ses collaborateurs et de ses services.

Une baisse des résultats qui inquiète

Les résultats financiers de La Poste pour le premier semestre 2025 sont alarmants. Le chiffre d’affaires a reculé légèrement par rapport à 2024, mais c’est surtout le résultat d’exploitation qui a connu une chute marquée, avec une diminution de 29%, tombant à 118 millions de francs suisses. Le bénéfice net a également plongé de 44%, atteignant seulement 74 millions de francs. Ces résultats sont jugés « conformes aux attentes » par la direction, mais ils soulignent la difficulté croissante de l’entreprise à maintenir sa rentabilité dans un environnement économique en mutation rapide, relate RTS.ch.

Le recul des volumes traditionnels explique en grande partie cette situation. Les lettres, par exemple, ont chuté de 4,9% par rapport à l’année précédente, tandis que les opérations au guichet ont diminué de près de 10%. Ces baisses s’inscrivent dans une tendance plus large de déclin du courrier physique, une évolution que La Poste n’a cessé d’anticiper mais qui affecte néanmoins gravement ses résultats. À côté de cela, la hausse des coûts, notamment ceux liés au personnel, a accentué la pression financière.

Toutefois, tous les segments ne sont pas en déclin. Le nombre de paquets a augmenté de 3,4%, et CarPostal, la branche de transport de passagers, a vu son nombre de passagers augmenter de 2,8%. Malgré cela, ces augmentations n’ont pas suffi à compenser les pertes dans les secteurs plus traditionnels, et le département des services logistiques a enregistré une chute de son résultat d’exploitation, passant de 220 à 123 millions de francs en une seule année. Ces difficultés mettent en lumière la complexité de l’adaptation de La Poste aux exigences d’un monde de plus en plus numérique et concurrentiel.

La réorganisation et les suppressions d’emplois : un nécessaire ajustement

Face à cette situation difficile, La Poste prévoit une réorganisation de ses activités, dont une réduction d’effectifs. L’entreprise mise sur des hausses « modérées » de tarifs et sur des « gains d’efficacité » pour améliorer sa rentabilité. Le projet de réorganisation inclut une réorientation des unités centrales de RéseauPostal d’ici 2026. Cette restructuration pourrait entraîner la suppression de 100 postes, ainsi que la modification de 20 contrats, principalement dans les unités administratives et de gestion.

Cependant, selon le directeur général ad intérim, Alex Glanzmann, l’impact net sur l’emploi pourrait être moins important. En tenant compte des nouveaux postes qui seront créés par la réorganisation, le nombre de suppressions d’emplois nettes devrait être d’environ 30. Bien que l’entreprise se voie dans l’obligation d’ajuster son personnel pour faire face à ses difficultés économiques, elle insiste sur le fait que ces mesures font partie d’un processus global d’adaptation et de rationalisation.

Le cas de La Poste illustre la réalité de nombreuses entreprises publiques confrontées à des changements de comportements des consommateurs et à la nécessité de s’adapter aux nouvelles technologies. En réduisant ses coûts et en réorientant certaines de ses activités, La Poste cherche à rester viable à long terme tout en continuant d’assurer son service universel, c’est-à-dire la livraison de courrier et de colis sur l’ensemble du territoire suisse.

La Poste et l’appel à un soutien politique

La situation difficile de La Poste a aussi des implications politiques, d’autant plus que l’entreprise doit maintenir un service public de qualité tout en affrontant les impératifs économiques. Alex Glanzmann a souligné que La Poste disposait toujours d’une assise financière solide et que l’entreprise avait les ressources nécessaires pour financer son service universel de manière autonome. Toutefois, dans ce contexte, il a lancé un appel au monde politique pour obtenir davantage de flexibilité au niveau réglementaire.

En effet, face à la pression croissante des coûts et à l’évolution du marché, La Poste Suisse pourrait avoir besoin de réajuster certains aspects de son modèle économique et de ses services. Le soutien des autorités politiques serait un levier important pour lui permettre de naviguer dans cette période de transition tout en garantissant l’efficacité de ses prestations. Alex Glanzmann a également mentionné que l’entreprise investirait dans les filiales les plus prometteuses, tout en cherchant des alternatives pour celles qui ne présentent pas un potentiel suffisant. Cet ajustement pourrait inclure des partenariats avec d’autres acteurs du marché, afin de réduire les risques et de maximiser les opportunités de croissance dans des secteurs en pleine expansion, tels que la logistique et les services numériques.

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