Le salon Watches & Wonders s’impose désormais comme un pilier incontournable de l’économie genevoise. Organisé à Palexpo, l’événement attire cette année environ 60’000 visiteurs venus du monde entier.
Dans un contexte marqué par la disparition de plusieurs grands salons historiques, son rôle s’est considérablement renforcé. Il constitue aujourd’hui bien plus qu’une vitrine horlogère, en devenant un levier économique majeur pour tout le canton.
Un événement devenu central après la disparition des grands salons
En l’espace de deux ans, Genève a perdu deux rendez-vous d’envergure internationale. Le Salon de l’auto a définitivement cessé ses activités en 2024, tandis que le salon de l’aviation a été annulé à la dernière minute cette année. Ce recul des grandes manifestations a laissé un vide important dans l’économie événementielle locale, renforçant mécaniquement le poids de Watches & Wonders.
Avec ses 60’000 visiteurs attendus à Palexpo, le salon horloger apparaît comme le principal moteur d’attractivité dans ce domaine. «C’est aujourd’hui le plus grand salon de Genève», souligne Matthieu Humair, directeur général de la Watches & Wonders Geneva Foundation, rapporte la RTS. L’événement génère à lui seul des retombées économiques estimées à plusieurs centaines de millions de francs, mobilisant un vaste réseau de prestataires et de partenaires.
Au-delà de l’événement lui-même, c’est toute une filière qui bénéficie de cette dynamique. Genève occupe une place clé dans l’économie suisse, étant le troisième canton exportateur du pays. Sur environ 25 milliards de francs d’exportations annuelles, près de 60% proviennent de l’horlogerie. «Ce sont des montants très importants et, derrière ces chiffres, ce sont aussi de nombreux sous-traitants», rappelle Delphine Bachmann, conseillère d’Etat en charge de l’économie. Le salon contribue directement à valoriser cet écosystème, en offrant une visibilité internationale aux marques et à leurs partenaires.
Des retombées économiques concrètes pour l’ensemble du tissu local
L’impact de Watches & Wonders dépasse largement les halls d’exposition. Le secteur hôtelier figure parmi les premiers bénéficiaires de cet afflux de visiteurs. Selon Jean-Vital Domezon, président de la Société des hôteliers de Genève, l’événement représente entre 5 et 6% du chiffre d’affaires annuel de la branche. Un apport régulier qui permet aux établissements de compenser en partie la disparition d’autres grands salons.
Les retombées s’étendent également à d’autres secteurs, comme les transports ou la restauration. Les chauffeurs de taxi constatent une hausse significative de leur activité pendant la durée du salon. «Cela représente environ un tiers de courses supplémentaires», indique Ismat, chauffeur chez Taxiphone à Genève. Ces effets concrets illustrent l’importance de l’événement pour l’économie quotidienne de la région.
Malgré ces performances, Watches & Wonders ne suffit pas à combler entièrement le vide laissé par les manifestations disparues. Il permet néanmoins de maintenir une dynamique économique autour de Palexpo et de préserver une partie de l’attractivité internationale de Genève. Cette situation pousse les autorités cantonales à réfléchir à la diversification des événements, afin de ne pas dépendre uniquement de l’horlogerie.
Le salon apparaît ainsi comme un pilier solide, mais aussi comme un signal des mutations en cours dans l’économie événementielle genevoise. Entre opportunité et dépendance, Watches & Wonders incarne à la fois la force d’un secteur d’excellence et les défis d’un canton en quête de renouvellement.








