Jamais les Suisses n’avaient disposé d’autant d’argent pour épargner 

Les ménages suisses n’ont jamais affiché une telle solidité financière. Revenus et épargne atteignent des sommets, même si cette moyenne nationale masque encore de fortes disparités.

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Jamais les Suisses n’avaient disposé d’autant d’argent pour épargner : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Les ménages suisses disposent en moyenne de moyens financiers plus importants que jamais. En 2025, le revenu disponible corrigé par habitant a franchi pour la première fois le seuil des 65’000 francs. 

Dans le même temps, la part volontairement mise de côté a atteint un niveau inédit. Derrière ces records se cachent toutefois d’importantes différences entre les ménages, notamment face au poids croissant des loyers et des primes maladie.

Plus de 65’000 francs de revenu disponible par habitant

En 2025, le revenu disponible corrigé s’est établi à exactement 65’124 francs par habitant. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le début de la série statistique, comme le relève la RTS.

La progression sur trois décennies est particulièrement marquée. En 1995, ce revenu atteignait encore 40’083 francs par personne. Une fois l’inflation prise en compte, l’augmentation réelle avoisine 36 %.

Cet indicateur ne correspond pas simplement au salaire encaissé par un ménage. Il permet d’évaluer les ressources dont disposent effectivement les habitants tout en intégrant certains transferts sociaux en nature, comme des prestations liées notamment à la santé ou à l’éducation.

La tendance à long terme montre donc une amélioration sensible des ressources moyennes disponibles en Suisse.

Cela ne signifie toutefois pas que tous les habitants disposent réellement de 65’124 francs chaque année. Il s’agit d’une moyenne nationale, qui regroupe des situations très différentes selon le revenu, l’âge, la région ou encore la composition du foyer.

Le taux d’épargne volontaire atteint un record

Les Suisses ne disposent pas seulement de revenus plus élevés. Ils en mettent également une part croissante de côté.

En 2025, le taux d’épargne global des ménages a atteint 27,4 % du revenu disponible brut corrigé. En 1995, cette proportion n’était que de 19,6 %.

L’évolution de l’épargne volontaire est encore plus spectaculaire. Celle-ci correspond à ce qu’un ménage conserve après ses dépenses de consommation et après prise en compte de l’épargne dite forcée, notamment celle liée au système de prévoyance.

Son taux a atteint 19,3 % en 2025, contre seulement 9,7 % trente ans auparavant. Cette proportion a donc pratiquement doublé en une génération.

Converti en francs, le montant est impressionnant. Une personne vivant en Suisse aurait mis de côté en moyenne près de 18’000 francs durant l’année, dont environ 12’600 francs sous forme d’épargne volontaire.

La pandémie a marqué une rupture importante. Les restrictions avaient mécaniquement limité certaines dépenses, poussant le taux d’épargne vers des niveaux exceptionnellement élevés. Beaucoup s’attendaient à ce que cette tendance disparaisse avec le retour à une consommation normale. Or, le niveau est resté élevé plusieurs années après la crise sanitaire.

Des records qui masquent de fortes différences entre ménages

Les données publiées par l’Office fédéral de la statistique montrent ainsi une amélioration remarquable sur le long terme du revenu moyen et de la capacité d’épargne des ménages.

Mais ces statistiques nationales ne permettent pas de conclure que tous les Suisses ont davantage d’argent disponible à la fin du mois.

Pour de nombreux foyers, les dépenses contraintes ont fortement augmenté ces dernières années. Les primes d’assurance maladie, les loyers ou encore certains coûts liés à l’énergie et aux transports continuent de peser lourd dans les budgets.

Une personne disposant d’un salaire élevé peut également épargner beaucoup plus facilement qu’un ménage dont la majeure partie des revenus est absorbée par les dépenses courantes. La moyenne nationale peut donc être tirée vers le haut par les foyers disposant des ressources les plus importantes.

Le constat sur trente ans reste néanmoins clair : à l’échelle de l’ensemble de la population, le revenu disponible corrigé a atteint un sommet en 2025, tandis que la propension à épargner n’avait jamais été aussi élevée.

La Suisse termine ainsi l’année avec deux records simultanés. Plus de 65’000 francs de revenu disponible corrigé par habitant et près d’un cinquième de ce revenu consacré à l’épargne volontaire.

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