L’apparition d’un cas de hantavirus en Suisse a immédiatement réveillé des souvenirs encore très présents de la pandémie de Covid-19. Isolement, cas contacts et surveillance sanitaire sont de nouveau au centre de l’attention après la découverte d’une contamination liée au navire de croisière Hondius.
Une personne atteinte du virus est actuellement hospitalisée à l’Hôpital universitaire de Zurich, tandis que plusieurs contacts font l’objet d’un suivi médical. Malgré les inquiétudes suscitées par cette situation inhabituelle, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) estime qu’un scénario de pandémie mondiale est exclu à ce stade.
L’OFSP insiste sur un virus déjà connu et jugé peu transmissible
L’annonce de contaminations à bord du Hondius a rapidement suscité des comparaisons avec les débuts du Covid-19. Le navire de croisière, parti d’Amérique du Sud, a vu apparaître plusieurs cas alors que passagers et membres d’équipage vivaient dans un espace fermé pendant plusieurs jours.
Pour Claudio Zaugg, chef de la section Nouvelles maladies infectieuses et coopération internationale à l’OFSP, la situation reste pourtant très différente. Selon lui, les autorités sanitaires ont rapidement identifié le virus comme étant la variante Andes-Hanta, une souche déjà connue depuis plusieurs décennies.
« Nous avons assez vite compris qu’il s’agissait du virus Andes-Hanta. Nous avons donc rapidement pu conclure que ce virus ne provoquerait pas de pandémie mondiale », explique-t-il, comme l’indique Watson.
Le hantavirus fait partie des maladies à déclaration obligatoire en Suisse. Quelques cas isolés apparaissent régulièrement dans le pays, même si le type Andes reste principalement présent en Amérique du Sud. Cette variante est connue depuis environ trente ans et fait partie d’une vingtaine de formes de hantavirus recensées dans le monde.
L’élément qui attire aujourd’hui l’attention des autorités sanitaires réside surtout dans le contexte de contamination. Les longues périodes passées dans un environnement fermé à bord du navire ont favorisé une chaîne de transmission inhabituelle.
La plupart des hantavirus se transmettent uniquement des rongeurs à l’être humain. Le virus Andes présente toutefois une particularité rare, il peut aussi se transmettre entre humains. Les spécialistes rappellent néanmoins que les flambées observées jusqu’ici sont restées limitées.
Pour Claudio Zaugg, ce point reste central dans l’évaluation du risque. L’OFSP estime que le virus ne se transmet pas facilement et que les mesures d’isolement permettent de contrôler efficacement les contaminations. « Une épidémie mondiale est exclue à l’heure actuelle », affirme-t-il.
Le laboratoire de référence de Genève a réussi à identifier le type de virus en une seule journée. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont également partagé la séquence génétique de la souche avec les autorités internationales. Les analyses montrent qu’elle correspond largement à celle déjà présente en Amérique du Sud.
Les autorités maintiennent une surveillance étroite autour des cas contacts
À ce stade, une personne testée positive est hospitalisée à Zurich. Une autre est placée en auto-isolement tandis qu’un deuxième cas contact reste sous surveillance dans le canton de Genève. Un membre suisse de l’équipage du Hondius se trouve également en quarantaine aux Pays-Bas.
L’OFSP continue de suivre de près les chaînes de transmission liées au navire de croisière afin de comprendre précisément comment les contaminations se sont produites durant le voyage.
Claudio Zaugg reconnaît que les images du débarquement du navire en Espagne et les mesures sanitaires mises en place peuvent raviver certaines peurs dans la population. Il insiste toutefois sur le fait que le hantavirus Andes ne possède pas les caractéristiques du Covid-19. « Il ne s’agit pas d’un nouveau virus et il n’est pas transmissible comme le Covid », rappelle-t-il.
Les autorités sanitaires suisses maintiennent néanmoins plusieurs mesures de précaution. Les personnes exposées au virus restent suivies pendant une longue période d’incubation. Conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’isolement peut durer jusqu’à six semaines après le dernier contact connu avec un cas positif.
Malgré cette vigilance, la Suisse n’a pas activé son plan pandémie national. L’OFSP estime que les dispositifs existants sont suffisants pour gérer la situation actuelle. Les hôpitaux universitaires de Zurich et de Genève sont considérés comme pleinement préparés à traiter ce type d’infections.
Les autorités fédérales soulignent aussi que les enseignements tirés de la crise du Covid-19 facilitent désormais la coordination entre les cantons et les structures sanitaires nationales. Les procédures de surveillance et de gestion des cas contacts sont déjà opérationnelles.
Pour l’instant, l’OFSP ne prévoit pas de durcissement des mesures sanitaires. Même si d’autres cas pourraient encore être détectés parmi les passagers du Hondius, les autorités considèrent que le virus circule à un niveau très faible et que le risque pour la population suisse reste limité.








