La génération Z, souvent stéréotypée comme étant désintéressée du travail, semble pourtant accorder une grande importance à sa vie professionnelle. L’étude menée par l’Université de Saint-Gall dans le cadre de l’«Étude sur la jeunesse 2025» révèle des résultats surprenants.
En dépit des clichés qui persistent à leur sujet, les jeunes entre 16 et 27 ans trouvent le travail important, mais se montrent déçus par les conditions de travail qu’on leur propose. Le stress, le manque de reconnaissance et l’absence de lien émotionnel avec leur emploi sont au cœur de leurs préoccupations.
Un travail important mais perçu comme une charge
L’un des éléments clés de l’étude menée par l’Université de Sait-Gall montre que 67% des jeunes interrogés considèrent le travail comme important. Pourtant, cette valorisation ne se traduit pas nécessairement par un engagement constant et motivé. En effet, bien qu’une partie de la génération Z s’investisse pleinement dans ses tâches professionnelles, une autre moitié semble avoir du mal à se sentir impliquée. Cette déconnexion émotionnelle vis-à-vis du travail est un phénomène de plus en plus fréquent dans cette tranche d’âge.
Les principaux facteurs de frustration concernent le manque de reconnaissance et une satisfaction générale peu élevée. Par exemple, bien que 85% des jeunes jugent essentiel d’avoir un bon chef, seulement 65% estiment en bénéficier. La rémunération n’est pas en reste : si 79% des jeunes trouvent le salaire important, seulement 33% sont satisfaits de ce qu’ils perçoivent. Cette insatisfaction salariale reflète un décalage entre les attentes des jeunes et les offres des entreprises, en particulier dans des secteurs où la concurrence est féroce pour attirer des talents.
Le télétravail, autre sujet d’actualité, n’est pas non plus au rendez-vous pour 56% des jeunes, malgré la tendance générale à favoriser une plus grande flexibilité dans le travail. La fatigue est également un problème récurrent : 36% des jeunes se déclarent épuisés, bien que seulement un tiers se sente plein d’énergie au travail. Cette impression de surcharge, combinée à des attentes non satisfaites, conduit à une perte de motivation et à une baisse de l’engagement.
Un manque d’implication émotionnelle et une quête de sens
Au-delà des conditions matérielles, l’enquête révèle un problème plus profond lié à l’implication émotionnelle des jeunes dans leur travail. Seuls 50% des jeunes se sentent émotionnellement attachés à leur emploi, et encore moins, 43%, ressentent un lien avec leur entreprise. Ce phénomène est particulièrement frappant dans des secteurs où le travail est perçu comme une simple nécessité économique plutôt qu’une source de réalisation personnelle.
En outre, les jeunes ressentent souvent un manque d’émotions positives au travail. À peine plus de la moitié des jeunes affirment vivre régulièrement des émotions positives dans leur quotidien professionnel. En revanche, 48% des jeunes pointent l’« énergie négative » sur le lieu de travail comme un facteur central de leur insatisfaction. Les conflits, les comportements irrespectueux et la mauvaise gestion des relations professionnelles sont des causes fréquentes de cette énergie négative.
Des solutions pour mieux engager la génération Z
Pour redonner de l’impulsion à cette génération, l’étude de l’Université de Saint-Gall suggère des solutions pratiques. Il est primordial de proposer des tâches intéressantes et stimulantes, de manière à ce que les jeunes puissent s’investir dans des projets qui correspondent à leurs aspirations professionnelles. Par ailleurs, un management inspirant et une image positive de l’entreprise sont des facteurs clés pour favoriser l’engagement. Comme le souligne Heike Bruch, professeure en leadership et responsable de l’étude, il est également essentiel de créer un environnement social qui offre une sécurité psychologique et favorise la résilience, relare 20min.
La différence de motivation entre les jeunes en Suisse est également marquée par des disparités régionales : les Tessinois sont les plus motivés au travail (62%), suivis des Romands (60%) et des Alémaniques (48%). Ces données indiquent qu’il existe des spécificités culturelles et régionales qui influencent l’engagement des jeunes dans le monde du travail.








