L’action UBS a fortement réagi vendredi à la Bourse suisse. Le titre de la première banque helvétique a progressé de plus de 3% après la publication d’informations évoquant une possible fusion avec un établissement étranger.
UBS n’a pas commenté ces rumeurs. Mais leur publication intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la banque, qui conteste les nouvelles exigences de fonds propres décidées récemment par le Conseil des États.
Le timing relance le débat sur la stratégie d’UBS
La rumeur provient du média américain Semafor Business, qui cite dans son article des sources anonymes. Plusieurs grands noms du secteur bancaire international sont évoqués parmi les partenaires potentiels, notamment la banque américaine Morgan Stanley, l’allemande Deutsche Bank ou encore la britannique Standard Chartered.
Le rapprochement supposé intervient quelques jours après la décision du Conseil des États d’imposer à UBS une couverture de 90% des fonds propres pour ses filiales étrangères. La banque espérait un compromis fixé à 50%, une proposition qui n’a finalement pas été retenue.
Le dossier doit encore passer devant le Conseil national, mais cette nouvelle étape alimente les discussions sur l’avenir du modèle UBS après le rachat de Credit Suisse.
Certains élus voient dans ces rumeurs une manière de mettre la pression sur le débat parlementaire. Invitée dans l’émission Forum, la conseillère nationale Brigitte Crottaz (PS/VS) estime qu’il s’agit d’une «pression maximale» exercée par UBS, même si aucune confirmation officielle n’existe.
Le conseiller national Jean-Luc Addor (UDC/VS) appelle lui aussi à la prudence, rapporte la RTS. Selon lui, une politique bancaire ne peut pas se construire sur des rumeurs, mais le moment choisi pour leur diffusion ne manque pas d’interroger.
Un scénario déjà évoqué après la reprise de Credit Suisse
Cette nouvelle rumeur rappelle celles apparues en 2025, lorsque plusieurs informations évoquaient un possible départ d’UBS de Suisse. À l’époque, le directeur général Sergio Ermotti avait démenti l’idée d’un abandon du siège helvétique.
Il avait toutefois expliqué que la direction devait également prendre en compte les intérêts de la banque et de ses actionnaires.
Depuis le rachat de Credit Suisse, UBS est devenue une banque encore plus importante pour l’économie suisse, ce qui a renforcé les débats sur les risques liés à sa taille et sur les règles qui doivent encadrer ses activités.
Aucune décision de fusion ou de déplacement du siège n’a été annoncée à ce stade. La rumeur montre toutefois que le rapport de force entre UBS et les autorités suisses reste particulièrement tendu autour de la future réglementation bancaire.







