Fraudes, abus et éthique : un tiers des entreprises suisses plongées dans l’illégalité

Bien que les irrégularités touchent un tiers des entreprises suisses, les systèmes de signalement internes et externes jouent un rôle majeur dans leur détection et résolution.

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Fraudes, abus et éthique : un tiers des entreprises suisses plongées dans l'illégalité : Crédit : Campio Group | Econostrum.info - Suisse

Les irrégularités dans les entreprises suisses, qu’elles concernent des comportements illégaux ou contraires à l’éthique, représentent un défi majeur pour le monde des affaires. Selon le rapport « Whistleblowing 2025 », plus d’un tiers des entreprises helvétiques font face à ces problèmes. B

ien que ce chiffre soit inférieur à la moyenne internationale, il reste préoccupant, d’autant plus que les pertes financières générées par ces irrégularités sont considérables. Face à ce phénomène, les entreprises suisses sont de plus en plus sollicitées pour mettre en place des mécanismes de détection et de prévention, afin de préserver leur intégrité et leur compétitivité.

Un phénomène mondial avec des répercussions locales

Le rapport « Whistleblowing 2025 », qui analyse les alertes signalées par 2200 entreprises à travers plusieurs pays, met en lumière une réalité inquiétante : plus d’un tiers des entreprises suisses sont confrontées à des comportements illégaux ou contraires à l’éthique, que ce soit à l’interne ou au sein de leur chaîne d’approvisionnement. Si ce taux est moins élevé que dans d’autres pays, comme les États-Unis où plus de la moitié des entreprises sont touchées, il demeure cependant préoccupant.

Le rapport souligne que les entreprises suisses sont davantage confrontées à des irrégularités que celles d’autres pays européens, à l’exception notable de la France et de l’Italie, où les chiffres sont plus bas. Les causes de ces irrégularités sont variées : fraude financière, abus de pouvoir, non-respect des droits humains, ou encore violations des normes de sécurité. Ces comportements peuvent se manifester au sein des entreprises elles-mêmes, dans leurs interactions avec les employés ou encore au niveau de leurs relations avec les fournisseurs et clients.

En Suisse, bien que les entreprises soient moins exposées que dans d’autres pays, les pertes économiques restent considérables. Un cinquième des entreprises suisses touchées par ces irrégularités déclarent des pertes d’au moins 95 000 francs. Ces montants élevés ne concernent pas seulement la réputation des entreprises, mais aussi leur compétitivité et leur pérennité, car les conséquences financières sont parfois irréversibles.

Le rôle des systèmes de signalement dans la détection et la prévention

Face à ces irrégularités, de nombreuses entreprises suisses ont mis en place des systèmes de signalement permettant à leurs employés ou à des tiers de signaler des comportements non éthiques ou illégaux. Ces systèmes, qui peuvent être internes ou externes, jouent un rôle clé dans la détection et la résolution des problèmes. Selon le rapport, près de 40 % des entreprises suisses touchées par des irrégularités ont réussi à identifier plus de deux tiers des dégâts financiers grâce à ces services de signalement.

Les alertes proviennent principalement des employés, et touchent des sujets variés, allant de la diversité et du respect sur le lieu de travail, aux droits humains, à la sécurité au travail et à la protection des données. En revanche, les signalements externes, émanant généralement de clients ou de fournisseurs, sont davantage liés à la facturation, aux audits ou aux rapports financiers. En Suisse, deux tiers des entreprises disposant d’un service de signalement garantissent l’anonymat des personnes qui les utilisent, un critère essentiel pour encourager les dénonciations sans crainte de représailles.

Ces systèmes de signalement se révèlent particulièrement efficaces, car environ la moitié des signalements sont jugés pertinents par les entreprises. Cela permet aux organisations de détecter rapidement des irrégularités et de prendre des mesures correctives. Toutefois, il convient de noter que la fraude ne représente qu’une part minime des signalements, environ 10 %, ceux-ci étant souvent motivés par des intérêts personnels ou visant à ternir la réputation d’une entreprise.

Le rapport montre également que 57 % des entreprises suisses disposent d’un service de signalement interne destiné aux employés, tandis que près de deux tiers possèdent un service externe. Cela illustre l’importance croissante de ces dispositifs pour garantir l’éthique au sein des entreprises. Les services externes sont également cruciaux pour assurer une indépendance et éviter toute influence interne qui pourrait fausser les signalements.

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