Le paysage philanthropique suisse continue de prendre de l’ampleur, porté par une hausse du nombre de fondations et par une progression importante des capitaux qu’elles gèrent. Un rapport publié ce mercredi montre que Genève fait partie des cantons les plus dynamiques dans ce domaine, au point de pouvoir bientôt dépasser Berne dans le classement national.
Cette évolution intervient alors que les fondations jouent un rôle croissant dans le financement de projets liés à la santé, à la recherche, à l’action humanitaire ou encore à la culture. Les derniers chiffres confirment aussi l’importance économique prise par ce secteur en Suisse, où les écarts de richesse entre institutions restent considérables.
La fortune des fondations suisses atteint un niveau record
Selon le Rapport suisse sur les fondations 2026, le secteur des fondations en Suisse détient actuellement 159,6 milliards de francs suisses d’actifs, répartis entre 13’782 fondations. Les fondations sous surveillance fédérale représentent 85,7 milliards de francs, tandis que 73,9 milliards relèvent des autorités cantonales.
Le patrimoine moyen d’une fondation s’élève à 12,2 millions de francs. Derrière cette moyenne se cachent toutefois des réalités très différentes selon les institutions concernées. Certaines organisations disposent de moyens financiers particulièrement importants, tandis que d’autres fonctionnent avec des budgets beaucoup plus modestes.
Le rapport cite notamment le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, basé à Genève. À lui seul, cet organisme international dispose d’un budget annuel supérieur à 4 milliards de francs, même si le montant exact de sa fortune n’est pas connu.
Les différences apparaissent aussi entre les régions suisses. Les fondations placées sous la surveillance des autorités de Suisse centrale affichent la fortune moyenne la plus élevée du pays, avec 20,1 millions de francs par institution. À l’inverse, le canton de Glaris se situe très loin derrière avec une moyenne de 2,4 millions de francs.
La densité des fondations varie également fortement d’un canton à l’autre. En moyenne, la Suisse compte 15,1 fondations pour 10’000 habitants. Le canton de Bâle-Ville se démarque nettement avec 42,9 fondations pour 10’000 habitants, tandis que l’Argovie affiche seulement 6,7 structures pour la même population.
Cette étude annuelle est réalisée par le Centre d’études de la philanthropie de l’Université de Bâle, l’organisation faîtière Swiss Foundations et le Centre pour le droit des fondations de l’Université de Zurich.
Genève poursuit sa progression et pourrait bientôt dépasser Berne
Le rapport met particulièrement en avant la dynamique observée à Genève et au Tessin. Ces deux cantons enregistrent une croissance nette du nombre de fondations ces dernières années, signe d’un intérêt grandissant pour les activités philanthropiques et les structures à but non lucratif.
Zurich reste largement en tête au niveau national avec 2’218 fondations actives. Derrière, l’écart entre Berne et Genève devient de plus en plus réduit. Le canton de Berne compte actuellement 1’417 fondations, contre 1’401 pour Genève. Vaud suit avec 1’333 structures.
Cette progression place Genève dans une position stratégique. Selon les auteurs du rapport, le canton pourrait devenir le deuxième plus important du pays en nombre de fondations dans les prochaines années si cette dynamique se poursuit.
Le canton bénéficie d’un environnement particulièrement favorable à ce type d’organisations. La présence d’institutions internationales, d’organisations humanitaires, de fondations liées à la santé mondiale ainsi que d’acteurs de la finance privée contribue à renforcer son attractivité.
Genève accueille déjà plusieurs structures d’envergure internationale, ce qui favorise l’installation de nouvelles organisations et la création d’un réseau dense autour de la philanthropie. Cette spécialisation progressive participe aussi au rayonnement économique du canton au-delà du secteur bancaire traditionnel.








