En 2026, les salaires des travailleurs suisses devraient connaître une augmentation moyenne de 1,3 %. Une telle évolution survient dans un contexte économique international incertain, marqué par des tensions douanières, notamment avec les États-Unis.
La hausse est un signe positif pour l’économie suisse, mais les différences sectorielles révèlent des disparités importantes. Certaines industries, comme la construction, bénéficieront de hausses significatives, tandis que d’autres secteurs pourraient voir des améliorations plus modestes, voire stagnantes.
Un secteur de la construction particulièrement privilégié
Le secteur de la construction sera sans doute le grand gagnant de cette augmentation salariale, selon la nouvelle enquête salariale menée par le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’EPFZ, écrit la NZZ am Sonntag. En effet, les prévisions montrent une hausse des salaires de 1,7 %, largement au-dessus de la moyenne nationale. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. La pénurie persistante de main-d’œuvre qualifiée, notamment dans les métiers spécialisés, pousse les employeurs à offrir des salaires plus attractifs afin de recruter et fidéliser les talents. Par ailleurs, la forte demande de projets dans le secteur immobilier, tant dans la rénovation que dans les nouvelles constructions, soutient cette tendance.
Cette dynamique salariale dans le secteur de la construction s’accompagne également de l’intervention des syndicats qui ont fait pression pour garantir des augmentations significatives. La négociation collective semble avoir porté ses fruits, permettant d’améliorer non seulement les salaires, mais aussi les conditions de travail, renforçant ainsi la stabilité de ce secteur clé de l’économie suisse.
Des prévisions contrastées selon les secteurs
Bien que la hausse générale des salaires atteigne en moyenne 1,3 %, des disparités apparaissent selon les secteurs. Ainsi, des domaines comme la pharmacie, l’hôtellerie et les banques devraient enregistrer des augmentations supérieures à la moyenne, de l’ordre de 1,5 %. Ce phénomène reflète la stabilité et la croissance continue de ces secteurs, qui bénéficient d’une demande forte, tant en Suisse qu’à l’international.
Cependant, des secteurs comme le commerce de détail, l’industrie manufacturière et la vente en gros se trouvent dans une position plus délicate. Les prévisions pour ces secteurs indiquent des hausses de salaires plus modestes, autour de 1 % à 1,1 %. Les entreprises de ces domaines semblent en effet plus sensibles aux évolutions du marché, notamment aux pressions dues à la concurrence accrue et aux coûts de production.
Le secteur de l’horlogerie et de la mécanique, qui est particulièrement dépendant des exportations, pourrait souffrir de la politique commerciale des États-Unis. L’imposition de nouveaux droits de douane sur les produits suisses pourrait freiner la croissance de ces industries, réduisant ainsi les prévisions de hausse salariale pour leurs employés. Cette situation pourrait se traduire par une diminution des prévisions d’embauche et des tensions économiques accrues dans ces secteurs.
Les conséquences des tensions commerciales et du conflit douanier avec les États-Unis
Une autre dimension à considérer dans les prévisions salariales pour 2026 est l’impact des tensions commerciales avec les États-Unis. Le KOF, dans son enquête, souligne que les entreprises industrielles fortement orientées vers le marché américain pourraient voir leurs projections salariales affectées par l’introduction de droits de douane de 39 %. Ces hausses de taxes pourraient rendre les produits suisses moins compétitifs et ralentir la croissance économique de certains secteurs, en particulier l’horlogerie et la construction mécanique.
Le conflit douanier avec les États-Unis pourrait également avoir des répercussions sur l’emploi, notamment dans ces industries exportatrices. Le KOF prévoit que jusqu’à 15 000 postes pourraient être perdus, ce qui pourrait entraîner une augmentation du taux de chômage, qui est déjà en légère hausse. Ce phénomène pourrait tempérer l’optimisme suscité par les augmentations salariales dans certains secteurs.








