Un écart de plus de 12 000 francs : voici la ville suisse où les ménages paient le plus d’impôts

Les écarts fiscaux explosent en Suisse romande, avec des différences de plusieurs milliers de francs d’impôts selon les villes.

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Un écart de plus de 12 000 francs : voici la ville suisse où les ménages paient le plus d’impôts : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

La fiscalité reste l’un des critères les plus scrutés par les contribuables en Suisse, tant les écarts peuvent être marqués d’une région à l’autre. Une récente analyse des villes romandes met en évidence des différences importantes selon les revenus et les situations familiales. 

Certaines localités apparaissent nettement plus avantageuses, tandis que d’autres continuent de peser lourdement sur le budget des ménages. Dans ce paysage contrasté, Genève améliore sa position, alors que Neuchâtel conserve une réputation difficile à inverser.

Genève gagne en attractivité fiscale, Neuchâtel reste sous pression

Les résultats de l’analyse effectuée par Le Matin Dimanche et relatée par 20Min  montrent une évolution notable en Suisse romande. Genève, longtemps associée à une fiscalité élevée, figure désormais parmi les villes les plus avantageuses pour de nombreux profils de contribuables. Cette amélioration s’explique notamment par une baisse moyenne de l’imposition de 9 %, décidée fin 2024. Ce repositionnement permet au canton de se rapprocher de niveaux plus compétitifs, en particulier pour les revenus modestes et intermédiaires.

Les écarts apparaissent clairement lorsqu’on compare des situations concrètes. Un couple marié avec deux enfants et un revenu annuel de 60 000 francs ne paie que 25 francs d’impôts à Genève, contre 1339 francs à Bienne. À 90 000 francs de revenu, la facture s’élève à 311 francs à Genève, tandis qu’elle atteint 6195 francs à Bienne. L’écart reste significatif à mesure que les revenus augmentent. Pour 125 000 francs par an, ce même ménage paie 5648 francs à Genève, contre 12 925 francs à Neuchâtel.

Cette tendance se confirme à des niveaux de revenus plus élevés. Avec 175 000 francs annuels, Sion devient la ville la plus avantageuse, avec une imposition de 15 230 francs, alors que Neuchâtel atteint 25 348 francs. Ces différences illustrent l’ampleur des disparités fiscales entre villes pourtant proches géographiquement.

Neuchâtel, de son côté, continue d’être classé parmi les localités les plus taxées. Malgré certaines adaptations, le canton peine à rivaliser avec ses voisins. Cette situation affecte son attractivité, en particulier pour les familles et les contribuables disposant de revenus moyens à élevés.

Des écarts massifs selon les revenus et un contraste marqué avec Zoug

Au-delà de la comparaison entre villes romandes, l’analyse met en lumière un écart encore plus frappant avec certains cantons alémaniques, en particulier Zoug. Ce dernier se distingue nettement comme le territoire le plus avantageux fiscalement en Suisse, et ce pour presque toutes les catégories de revenus.

Pour un couple avec deux enfants, les différences sont particulièrement marquées. À Zoug, un ménage gagnant 60 000 ou 90 000 francs ne paie tout simplement aucun impôt. À 125 000 francs, la charge fiscale n’est que de 457 francs, soit plus de dix fois moins qu’à Genève, pourtant considérée comme attractive dans cette comparaison. À 175 000 francs, l’impôt atteint 4366 francs à Zoug, un montant environ trois fois inférieur à celui observé à Sion.

Les écarts se maintiennent également pour les très hauts revenus. Les contribuables millionnaires paient globalement deux fois moins d’impôts à Zoug qu’en Suisse romande. Ce différentiel souligne la forte concurrence fiscale entre les cantons suisses, chacun cherchant à attirer ou retenir certaines catégories de contribuables.

Une exception apparaît toutefois au sein de la Suisse romande. Pour les revenus les plus élevés, Fribourg se révèle plus avantageux que ses voisins, tandis que Lausanne se positionne comme la ville la plus exigeante fiscalement pour cette catégorie.

Ces résultats mettent en évidence une réalité bien connue du système suisse: la fiscalité varie fortement selon le lieu de résidence. Pour les contribuables, ces différences peuvent représenter plusieurs milliers de francs par an. Elles influencent donc directement les choix résidentiels, en particulier dans des régions où les distances restent relativement faibles.

Dans ce contexte, les ajustements opérés par certains cantons, comme Genève, témoignent d’une volonté d’améliorer leur attractivité. À l’inverse, les cantons moins compétitifs, comme Neuchâtel, restent confrontés à un défi important pour inverser cette dynamique. La fiscalité continue ainsi de jouer un rôle clé dans les équilibres régionaux en Suisse.

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