Après des années d’avantages, la Suisse prépare une nouvelle taxe sur les voitures électriques dès 2030 

Cantons et Confédération préparent plusieurs réformes qui pourraient alourdir la facture des conducteurs électriques en Suisse.

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Après des années d’avantages, la Suisse prépare une nouvelle taxe sur les voitures électriques dès 2030 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Les voitures électriques ont longtemps bénéficié d’importants avantages fiscaux en Suisse afin d’encourager la transition vers une mobilité moins polluante. Mais avec l’augmentation rapide du nombre de véhicules électriques sur les routes, plusieurs cantons commencent désormais à revoir leurs dispositifs d’allégement fiscal. 

Cette évolution s’explique notamment par la baisse progressive des recettes liées aux carburants traditionnels et par la pression croissante sur les finances publiques. Entre réformes cantonales et futurs projets fédéraux, les propriétaires de voitures électriques pourraient bientôt voir leurs avantages diminuer partout dans le pays.

Les cantons serrent progressivement la vis sur les exonérations fiscales

À Bâle-Ville, le succès des voitures électriques commence paradoxalement à produire l’effet inverse de celui recherché au départ. Jusqu’ici, les propriétaires de véhicules 100 % électriques bénéficiaient d’une réduction de 50 % sur la taxe cantonale par rapport à une voiture thermique.

Mais cet avantage était assorti d’une limite précise, la part des voitures électriques ne devait pas dépasser 5 % du parc automobile cantonal. Or, ce seuil a été franchi l’an dernier avec une proportion atteignant 5,4 %. Résultat, une hausse automatique des taxes pourrait désormais concerner les conducteurs de véhicules électriques.

Face à cette situation, la députée socialiste bâloise Leoni Bolz a déposé une motion afin de prolonger temporairement les avantages fiscaux actuels. Le canton prépare en effet une réforme globale de sa fiscalité automobile pour 2030. Selon l’élue, il serait risqué de supprimer trop brutalement les incitations alors que la transition vers des véhicules à faibles émissions reste un objectif climatique important.

Dans sa proposition, elle estime qu’à long terme tous les véhicules devraient être taxés en fonction de leur impact environnemental, mais qu’une période transitoire reste nécessaire pour maintenir l’effet incitatif actuel.

La situation de Bâle-Ville reflète une tendance observée dans de nombreux cantons. Les systèmes fiscaux appliqués aux voitures électriques varient fortement selon les régions.

À Fribourg, les propriétaires bénéficient encore d’une réduction de 30 % sur la taxe automobile. Le rabais atteint 33 % dans le canton d’Uri et 50 % dans le Jura.

Dans les Grisons, les véhicules électriques profitent d’une réduction de 80 % calculée sur le poids total du véhicule. À Obwald, une taxe annuelle forfaitaire de 125 francs est appliquée à une voiture particulière standard.

Le canton de Berne accorde une réduction de 60 %, mais uniquement pendant les trois premières années suivant l’immatriculation. À Genève, la taxe est totalement supprimée durant deux à trois ans. Zurich, Glaris et Soleure figurent encore parmi les cantons les plus généreux avec une exonération complète des véhicules électriques.

Mais plusieurs de ces dispositifs commencent à évoluer. À Soleure, le Grand Conseil a déjà adopté un nouveau système fiscal qui entrera en vigueur en 2027 et qui imposera davantage les voitures électriques. Zurich travaille lui aussi sur un projet similaire.

À Saint-Gall, la suppression soudaine des avantages fiscaux en début d’année a provoqué une forte colère chez les automobilistes concernés.

Berne prépare aussi une nouvelle taxe fédérale sur les voitures électriques

Le débat dépasse désormais le niveau cantonal. La Confédération prépare elle aussi une réforme qui pourrait modifier en profondeur le coût d’utilisation des véhicules électriques en Suisse.

Le ministre des Transports Albert Rösti souhaite instaurer une nouvelle taxe fédérale sur les voitures électriques à partir de 2030, relate Blick. L’objectif affiché est de compenser la baisse des recettes provenant des taxes sur l’essence et le diesel.

Avec l’augmentation du nombre de véhicules électriques, le Fonds national des routes perd progressivement une partie importante de ses ressources financières. Ce fonds finance notamment l’entretien et le développement des infrastructures routières suisses.

L’Office fédéral des routes (OFROU) confirme que les pertes de recettes devront être compensées par une contribution équivalente des véhicules électriques. Plusieurs modèles sont actuellement étudiés par les autorités fédérales.

Berne pourrait notamment mettre en place une taxe calculée au kilomètre parcouru ou un impôt appliqué à l’électricité utilisée pour la recharge des véhicules.

Le projet suscite déjà des réactions politiques importantes. Même au sein de l’UDC, certains élus refusent ce qu’ils considèrent comme une « taxation systématique des automobilistes » et demandent à Albert Rösti de revoir sa copie.

À l’inverse, les Vert’libéraux craignent qu’une réduction trop rapide des avantages fiscaux ne freine fortement le développement de la mobilité électrique en Suisse. Selon eux, ces mesures pourraient casser la dynamique actuelle du marché.

Le projet définitif devrait être présenté dans le courant de l’année. Il pourrait marquer un tournant important dans la politique suisse de soutien à l’électromobilité, alors que les autorités cherchent désormais à concilier objectifs climatiques et équilibre budgétaire.

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