En 2025, les salaires en Suisse ont enregistré une légère augmentation, bien que les hausses restent modérées par rapport aux années précédentes. La progression moyenne des salaires effectifs est de 1,2 %, contre 2,1 % en 2024 et 2,5 % en 2023. Cette dynamique salariale est marquée par des disparités notables selon les secteurs.
Si certains domaines connaissent des hausses significatives, d’autres restent plus en retrait, reflétant la diversité des conditions économiques et sociales en Suisse. Cette évolution suscite des questions sur l’impact de ces augmentations sur la compétitivité et les conditions de travail dans le pays, particulièrement dans des secteurs clés comme la construction et les services financiers.
Une augmentation salariale modeste mais marquée par des secteurs spécifiques
L’augmentation moyenne de 1,2 % des salaires en 2025, bien qu’en légère baisse par rapport à l’année précédente, reflète un contexte économique particulier. Cette hausse a été répartie à hauteur de 0,4 % à titre individuel et 0,9 % à titre collectif, indique l’Office fédéral de la statistique (OFS) jeudi dans un communiqué. Au total, près de 600 000 travailleurs sont concernés par ces accords, un nombre qui englobe une part significative des salariés bénéficiant de conventions collectives de travail (CCT). Si l’on prend en compte le renchérissement de 0,2 % prévu pour 2025, la progression des salaires réels est estimée à 1 %. Cependant, cette moyenne masque des différences importantes entre les secteurs.
Le secteur de la construction ressort comme le grand gagnant de cette année avec une augmentation salariale de 1,7 %. Cette progression intervient dans un contexte tendu, marqué par des revendications importantes des travailleurs du secteur. Plusieurs grèves ont eu lieu cette année, les travailleurs réclamant de meilleures conditions de travail face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Les entreprises, confrontées à cette situation, ont dû ajuster les rémunérations pour maintenir leur attractivité et garantir la continuité des projets en cours.
D’autres secteurs bénéficient également d’augmentations salariales notables. Les activités financières et d’assurance suivent avec une hausse de 1,6 %. La compétitivité dans ce secteur reste élevée, alimentée par une demande continue de profils spécialisés dans la gestion des risques, les technologies financières, et les services bancaires. Les secteurs de l’enseignement (+1,5 %), des transports et de l’entreposage (+1,5 %), ainsi que de la santé et de l’action sociale (+1,2 %) connaissent également des hausses salariales qui, bien que moins marquées, traduisent une attention particulière à la gestion des compétences dans ces domaines stratégiques.
Cependant, tous les secteurs ne bénéficient pas d’une même dynamique salariale. L’industrie manufacturière et la construction connaissent des hausses plus faibles comparées à des domaines plus directement influencés par des besoins spécifiques de main-d’œuvre qualifiée ou par des négociations collectives intenses.
L’impact de l’augmentation des salaires minimaux et des secteurs en forte demande
En parallèle à la hausse générale des salaires, les salaires minimaux ont également connu une progression en 2025, bien que plus modeste. Les salaires minimaux ont augmenté de 1 % en 2025, contre 2 % l’année précédente. Cela concerne environ 1,8 million de travailleurs bénéficiant d’une CCT incluant des clauses normatives sur les salaires minimaux. Cette revalorisation intervient principalement dans les secteurs où la demande de main-d’œuvre est forte, comme les services administratifs et de soutien, les activités financières et d’assurances (+1,6 %) ainsi que la blanchisserie-teinturerie, la coiffure et les soins de beauté. Dans ces domaines, les augmentations salariales visent à attirer des travailleurs dans des métiers où la main-d’œuvre est souvent sous pression.
Les secteurs de l’hébergement et de la restauration enregistrent une hausse de 1,1 %, tandis que l’industrie manufacturière et la construction voient une progression plus faible de 0,8 %. Bien que ces secteurs soient cruciaux pour l’économie suisse, ils sont moins soumis à des pressions immédiates en matière de recrutement que d’autres secteurs, comme la construction ou les services financiers, d’où des hausses plus modestes.
Les salaires dans ces secteurs restent influencés par des facteurs tels que la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les conditions de travail, ainsi que la pression exercée par les syndicats pour obtenir des augmentations salariales qui compenseraient les effets de l’inflation. La Suisse, tout en étant un leader économique, doit continuer à s’adapter à ces évolutions pour maintenir un équilibre entre compétitivité et équité sociale.








