Et si le siège d’UBS quittait la Suisse ? La banque étudierait plusieurs portes de sortie selon la presse américaine

Le bras de fer avec Berne prend une drôle de tournure. En coulisses, plusieurs scénarios feraient sortir le débat bancaire des frontières suisses.

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Et si le siège d’UBS quittait la Suisse ? La banque étudierait plusieurs portes de sortie selon la presse américaine : Crédit : Bourse - Zonebourse | Econostrum.info - Suisse

Le siège d’UBS à l’étranger : l’hypothèse a de quoi secouer le paysage bancaire helvétique. Le Wall Street Journal rapporte que le groupe prépare des plans d’urgence face au durcissement envisagé des exigences de fonds propres. Il s’agirait de solutions de repli si les nouvelles règles étaient jugées trop contraignantes. Pour l’heure, aucun déménagement n’a été annoncé.

Trois pistes à l’étranger, et la possibilité de rester

Les options évoquées vont bien au-delà d’un changement d’adresse. UBS pourrait acquérir un établissement financier américain et transférer son siège, fusionner avec un concurrent européen ou être rachetée par une banque américaine. Trois chemins différents, dont aucun n’est présenté comme une décision arrêtée.

Le maintien en Suisse reste également sur la table. Les scénarios étrangers seraient donc des alternatives à examiner selon l’issue du débat politique, plutôt qu’un calendrier de départ déjà établi.

Le nom de Morgan Stanley avait circulé ces dernières semaines dans la presse. Cela ne constitue toutefois ni l’annonce d’un rapprochement ni la confirmation d’un partenaire choisi. À ce stade, les informations publiées décrivent des hypothèses de travail.

Pourquoi les fonds propres mettent le feu aux discussions

Au cœur du désaccord se trouve la protection de la Suisse face à une nouvelle crise bancaire. Après la débâcle de Credit Suisse en 2023 et sa reprise par UBS, les autorités veulent renforcer les exigences imposées à la grande banque.

Un point technique concentre les tensions : les capitaux nécessaires pour couvrir les participations étrangères détenues par la maison mère. Ces pourcentages ne désignent donc pas la part de l’ensemble des actifs d’UBS qui devrait être financée sur fonds propres.

Le gouvernement défendait une couverture à 100 % en fonds propres de première qualité, appelés CET1. UBS soutenait une formule à 50 %, complétée par des instruments AT1, convertibles en fonds propres en cas de crise.

Le 23 septembre 2026, le Conseil des États a retenu une couverture à 90 % en CET1. Le dossier doit encore passer par le Conseil national : ce vote ne clôt pas le processus parlementaire.

UBS conteste les règles, mais défend publiquement son ancrage suisse

Dans un communiqué publié après ce vote, UBS a dénoncé des exigences qu’elle considère excessives. Le groupe estime qu’elles pénaliseraient sa compétitivité internationale. C’est la position de la banque, alors que les autorités cherchent à limiter les risques pour le contribuable.

L’enquête du Wall Street Journal, relayée par 20 Minutes, intervient dans ce contexte tendu. Elle donne une autre dimension aux discussions. Derrière les ratios réglementaires apparaît désormais la question du pays où serait installé le siège du groupe.

Le discours public de la direction reste pourtant favorable à la Suisse. La semaine dernière, Sergio Ermotti expliquait à CNBC qu’y rester présentait des avantages pour l’économie comme pour les actionnaires.

Des scénarios étudiés, aucune négociation active rapportée

Une nouvelle dépêche de Reuters, publiée le 15 octobre, précise l’état des échanges. Trois personnes au fait du dossier confirment que la banque examine différentes options, mais indiquent qu’aucune discussion active avec un autre établissement n’est en cours.

Interrogée, UBS a répondu qu’elle ne commentait pas les spéculations sur ces sujets. Aucun pays d’accueil, partenaire ou calendrier de transfert n’est donc annoncé.

La suite se jouera notamment au Parlement, où les exigences de capital restent en discussion. C’est leur forme définitive qui permettra de mesurer l’écart entre ce que Berne demande et ce qu’UBS est prête à accepter.

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