Le nouveau directeur prend ses fonctions. L’ancien, lui, perçoit encore son salaire. Pendant quelques semaines ou plusieurs mois, deux rémunérations se superposent pour un même poste de direction. Une situation qui peut sensiblement alourdir la facture au moment de passer le relais.
Ces chevauchements ne concernent pas un seul secteur. Hôpitaux, transports ferroviaires, bus : les chiffres publiés à Berne révèlent plusieurs départs dont les effets financiers ont continué après la fin des fonctions opérationnelles.
À Thoune, dix mois de salaires versés en parallèle
Le cas le plus long concerne STI Holding AG, la société faîtière de l’entreprise régionale de bus de Thoune. Son directeur de longue date, Thomas Wegmann, a quitté ses fonctions opérationnelles à la fin juillet 2024. Son salaire a pourtant continué à lui être versé jusqu’à fin mai 2025.
La période de rémunérations parallèles a ainsi duré dix mois. En 2024, la rémunération déclarée pour le poste de directeur atteignait 434 000 francs, contre 288 000 francs l’année précédente.
L’ancien responsable a notamment perçu le solde de ses droits à long terme. L’entreprise n’a pas détaillé davantage ces versements, invoquant le droit du personnel. Elle assure toutefois que les indemnités publiques destinées au transport par bus n’ont pas été affectées.
Dans les hôpitaux, des successions qui pèsent sur les comptes
L’enquête de Blick relève aussi plusieurs situations dans des établissements de santé appartenant au canton. Chez SRO AG, qui dessert l’Oberargovie, Andreas Kohli a quitté la direction au début de l’été 2025, sur fond de désaccords stratégiques. Son adjoint a assuré l’intérim, tandis que l’ancien directeur est resté payé jusqu’à fin novembre.
Pendant environ six mois, deux dirigeants ont donc été rémunérés. Le total déclaré pour la direction a atteint 618 000 francs en 2025, contre 382 000 francs en 2024, soit une hausse de plus de 60 %.
Au sein du groupe hospitalier Oberland FMI AG, le chevauchement a concerné juin et juillet 2025. Daniela Wiest avait quitté ses fonctions fin mai, mais sa relation de travail s’est prolongée, notamment en raison de vacances encore dues. La rémunération déclarée est passée de 380 000 à 451 000 francs.
Les Services psychiatriques universitaires de Berne avaient connu une situation similaire en 2024. Quatre mois de contrats simultanés, avec une rémunération déclarée passant de 361 000 à 602 000 francs, soit environ 67 % de hausse.
Au MOB, une hausse qui demande aussi de regarder les bonus
Le MOB-Goldenpass figure également parmi les cas examinés. Yves Marclay a pris la direction le 1er juin 2025, après le départ à la retraite de Georges Oberson. L’entreprise reconnaît une période de double occupation du poste, sans en préciser la durée.
La rémunération déclarée est passée de 286 000 à 427 000 francs. Mais la comparaison comporte une différence importante : pour la première fois en 2025, le montant publié comprend la rémunération totale, bonus inclus.
Impossible, dès lors, d’attribuer toute cette augmentation aux seuls salaires versés en parallèle.
Le surcoût exact reste difficile à isoler
Les montants publiés correspondent aux rémunérations annuelles déclarées pour les postes concernés. Ils ne représentent donc pas, à eux seuls, le coût du chevauchement entre deux dirigeants.
Cette limite vaut aussi pour les autres cas. À la STI, les derniers rapports utilisent une présentation différente liée à la structure de holding. Ils ne permettent pas de chiffrer précisément le coût additionnel des cinq mois de versements parallèles intervenus en 2025.








