Quand on pense aux gros dividendes suisses, les mêmes noms reviennent souvent : Nestlé, Roche ou Novartis. Pourtant, les poids lourds de la Bourse ne sont pas les seuls à récompenser généreusement leurs actionnaires.
Plusieurs entreprises de taille plus modeste affichent actuellement des rendements particulièrement élevés. Le cas de Calida l’a encore illustré fin septembre. Le fabricant de sous-vêtements a annoncé vouloir désormais distribuer entre 40 et 60% de son résultat consolidé ajusté, contre 20 à 30% auparavant. Dans la foulée, son action a bondi de 9%.
Sur l’ensemble du marché suisse, le rendement moyen des dividendes du Swiss Performance Index (SPI) tourne autour de 2,8%. Mais certaines sociétés dépassent largement ce niveau.
Sunrise affiche un rendement de 8,6%
Le rendement le plus spectaculaire de la sélection publiée par l’analyste cash.ch, et relayée par Blick, est celui de Sunrise, qui atteint actuellement environ 8,6%. Les entreprises de télécommunications sont traditionnellement appréciées des investisseurs à la recherche de dividendes, grâce à des flux de trésorerie relativement réguliers.
Mais un rendement aussi élevé ne garantit pas sa pérennité. Sunrise est cotée à la Bourse suisse depuis seulement 2025 et son parcours boursier n’a jusqu’ici pas convaincu.
L’entreprise doit par ailleurs mener une importante restructuration. Elle a annoncé près de 450 suppressions de postes en septembre, après 147 suppressions de postes à plein temps annoncées en début d’année.
Autre point de vigilance, les prévisions de bénéfices sont inférieures au montant du dividende attendu. Lorsque le dividende dépasse durablement les bénéfices réalisés, la capacité de l’entreprise à maintenir une telle distribution peut être mise sous pression.
Mobilezone mise sur la Suisse
Avec un rendement d’environ 7,3%, Mobilezone figure également parmi les sociétés les plus généreuses de cette sélection.
L’entreprise s’est récemment recentrée sur la Suisse après avoir vendu ses activités allemandes. Elle a ensuite racheté la boutique en ligne d’accessoires pour smartphones Apfelkiste.
En août, Mobilezone a confirmé sa politique de dividendes et prévoit de distribuer au moins 0,90 franc par action jusqu’en 2028.
Cembra augmente régulièrement ses distributions
Le spécialiste du crédit à la consommation Cembra présente un profil différent. L’entreprise a augmenté son dividende de 10% en 2025 et distribué en parallèle un dividende exceptionnel.
Depuis 2020, ses distributions ont progressé chaque année. Pour l’exercice en cours, Cembra vise toujours un dividende d’au moins 4,60 francs par action.
Son directeur général Holger Laubenthal a également confirmé sa volonté de poursuivre une politique de croissance accompagnée d’une progression régulière des dividendes.
Des rendements autour de 4 à 5%
D’autres sociétés affichent des rendements moins spectaculaires, mais qui restent élevés par rapport à la moyenne du SPI.
Meier Tobler propose actuellement environ 5%, tandis que Burkhalter se situe autour de 4,2%. Chez Meier Tobler, le dividende a presque doublé depuis 2021. La société a toutefois augmenté sa distribution malgré une baisse de ses bénéfices, ce qui invite à surveiller l’évolution de ses résultats.
Phoenix Mecano affiche de son côté un rendement d’environ 4,3%. Le fabricant de composants et de boîtiers a lui aussi relevé son dividende ces dernières années, malgré un recul de ses bénéfices.
L’aéroport de Zurich se distingue par une autre évolution. Son dividende a presque doublé entre 2024 et 2025. Cette progression découle notamment d’une nouvelle politique prévoyant de reverser 50% du bénéfice ajusté aux actionnaires.
Adecco montre l’envers du décor
Le cas d’Adecco rappelle toutefois qu’un dividende élevé n’est jamais garanti.
Le spécialiste du travail temporaire a réduit sa distribution d’environ 60% en 2025 afin d’accélérer son désendettement. Son rendement est ainsi passé de plus de 8% en 2023 à environ 4,1% aujourd’hui.
Pour les investisseurs qui recherchent des revenus réguliers, la question n’est donc pas seulement de savoir combien une entreprise verse aujourd’hui. La régularité des distributions, leur évolution dans le temps, les bénéfices et les flux de trésorerie sont également déterminants.
Les petites et moyennes capitalisations peuvent ainsi offrir des rendements nettement supérieurs à la moyenne du marché, mais avec une volatilité et des risques généralement plus élevés. Un gros dividende peut être une force lorsque les résultats permettent de le financer durablement ; il peut aussi devenir un signal d’alerte lorsque la distribution repose sur des bénéfices insuffisants ou sur une situation financière fragile.
Huit noms à retenir
La sélection analysée par cash.ch illustre cette diversité : Sunrise, Mobilezone, Cembra, Meier Tobler, Burkhalter, Phoenix Mecano, l’aéroport de Zurich et Adecco affichent tous des rendements supérieurs ou proches de la moyenne du marché, mais avec des profils très différents.
Le point commun entre ces entreprises est donc moins le niveau de leur dividende que la nécessité d’examiner ce qui se trouve derrière le pourcentage affiché. Un rendement de 8% peut sembler spectaculaire, mais sa valeur dépend surtout de la capacité de l’entreprise à continuer de verser cette somme dans les années qui suivent.








