Perdre son emploi après 55 ans n’a rien d’un simple changement de bureau. À cet âge, retrouver un poste peut prendre davantage de temps et certaines décisions prises dans la précipitation peuvent avoir de lourdes conséquences financières.
Entre chômage, caisse de pension, assurances sociales et recherche d’emploi, plusieurs pièges sont à éviter. Voici les réflexes qui peuvent vraiment faire la différence pour rebondir.
Ne pas agir dans la précipitation
Après un licenciement, la première erreur serait de prendre une décision sous le coup de l’émotion. Même lorsqu’une personne craint d’être licenciée ou subit des difficultés sur son lieu de travail, il est déconseillé de démissionner volontairement sans avoir évalué les conséquences.
Une démission peut notamment entraîner un délai d’attente auprès de l’assurance-chômage et retarder le versement des indemnités. La situation peut également être moins favorable en matière de protection en cas de maladie ou d’accident.
Il faut également vérifier que les droits liés au contrat de travail ont bien été respectés. Congés restants, heures supplémentaires, éventuelles primes et certificat de travail doivent notamment être examinés.
Une maladie ou un accident survenant durant le délai de préavis peut aussi avoir des conséquences sur sa durée.
S’inscrire rapidement au chômage
Même si la perspective n’est pas agréable, l’inscription auprès de l’ORP doit être anticipée. Il est recommandé de commencer les démarches dès le délai de préavis et de conserver des preuves de ses recherches d’emploi.
L’assurance-chômage peut en effet prononcer des jours de suspension si les recherches sont jugées insuffisantes.
Il faut également déterminer rapidement le montant des indemnités auxquelles on peut prétendre et pendant combien de temps elles seront versées. Cette anticipation devient particulièrement importante lorsqu’on se rapproche de l’âge de la retraite.
Heidi Joos, directrice générale de l’association Avenir50plus, recommande avec Blick de réfléchir dès le départ à ce qui se passera lorsque les droits au chômage arriveront à leur terme. Les prestations transitoires ou l’aide sociale peuvent, selon la situation, constituer des solutions à examiner.
Ne pas négliger le choc psychologique
Un licenciement n’est pas seulement un problème financier. Après plusieurs décennies passées dans le même environnement professionnel, perdre soudainement son emploi peut provoquer un véritable bouleversement. Le sentiment d’appartenance disparaît, tout comme les habitudes et parfois une partie de la reconnaissance acquise au fil des années.
Heidi Joos conseille donc de prendre cette période au sérieux et de chercher rapidement du soutien lorsque cela devient nécessaire.
Il peut s’agir de parler à son entourage, de solliciter une association spécialisée ou, lorsque la situation l’exige, de faire appel à un professionnel.
Attention à l’argent de la caisse de pension
La prévoyance vieillesse constitue un autre point particulièrement sensible. Lorsqu’une personne quitte son entreprise, l’avoir accumulé dans sa caisse de pension doit généralement être transféré vers une institution de libre passage. Mais un licenciement n’est pas le moment de retirer précipitamment son capital ou de décider immédiatement de prendre une retraite anticipée.
Ces choix peuvent avoir des conséquences importantes sur les revenus futurs et, dans certaines situations, sur les prestations de chômage.
Les personnes qui perdent leur emploi après 58 ans disposent par ailleurs d’une possibilité particulière. Elles peuvent, sous certaines conditions, rester assurées auprès de leur ancienne caisse de pension. Si elles souhaitent ensuite percevoir leur prestation de vieillesse sous forme de capital, certaines décisions doivent être prises dans un délai de deux ans.
La situation doit donc être examinée dans son ensemble, en tenant compte de la caisse de pension, de l’AVS, du chômage et des éventuelles autres sources de revenus.
Ne pas attendre une annonce pour retrouver un emploi
Après des années dans la même entreprise, rechercher un poste peut demander un véritable réapprentissage.
Le CV doit notamment être adapté aux pratiques actuelles. Plutôt que d’énumérer toute une carrière, il est préférable de mettre en avant les compétences et l’expérience directement utiles au poste recherché.
Certaines compétences acquises en dehors du travail peuvent également faire la différence. Une activité associative, une responsabilité dans un club sportif ou un engagement comme pompier volontaire peuvent, par exemple, démontrer des capacités d’organisation, de gestion ou de leadership.
Il peut également être utile de ne pas attendre qu’une offre d’emploi soit publiée. Contacter directement des entreprises permet parfois de faire émerger des opportunités qui n’existaient pas encore officiellement.
Enfin, rester ouvert à plusieurs formats de travail peut faciliter le retour à l’emploi. Un poste à temps partiel, un contrat à durée déterminée ou un revenu intermédiaire peuvent constituer une première étape avant de retrouver une situation plus stable.
Après 55 ans, retrouver un emploi peut donc demander davantage de temps, mais un licenciement ne signifie pas nécessairement la fin de la vie professionnelle. L’essentiel est d’agir rapidement, de protéger ses droits et de ne pas prendre de décisions financières irréversibles dans la précipitation.








