Le marché de l’emploi suisse change rapidement et les habitudes des candidats évoluent avec lui. Parmi les critères qui prennent de plus en plus de poids dans le recrutement, le télétravail occupe désormais une place centrale.
Les jeunes travailleurs sont particulièrement attentifs à cette possibilité et certains considèrent même qu’elle doit faire partie des conditions proposées par leur futur employeur. Face à cette nouvelle réalité, les entreprises doivent adapter leurs pratiques pour rester attractives.
Le télétravail s’impose dans les offres d’emploi
Proposer la possibilité de travailler depuis chez soi est devenu un argument de recrutement important en Suisse.
« C’est impératif de pouvoir proposer du télétravail. Ce n’est plus une option. Ça fait partie des valeurs », explique Matthieu Chamorel, associé fondateur du cabinet fiduciaire DYN|GROUP, cité par la RTS.
La Suisse figure parmi les pays européens où le télétravail apparaît le plus souvent dans les offres d’emploi. Selon une analyse d’un portail international spécialisé dans l’emploi, près d’une annonce sur sept propose actuellement une possibilité de télétravail dans le pays.
Le phénomène est d’autant plus remarquable qu’il atteint un niveau inédit. Même pendant la période de la pandémie de Covid-19, la proportion n’avait jamais atteint un tel niveau.
Les jeunes candidats affichent leurs exigences
Pour une partie des travailleurs, le télétravail n’est plus considéré comme un simple avantage supplémentaire. Il devient progressivement un critère de sélection au moment de choisir un poste.
Mathias Rebetez, fondateur du cabinet de recrutement Licorn, observe notamment une différence entre les générations. Les candidats de plus de 35 ans seraient généralement plus flexibles sur la question, tandis que les moins de 35 ans auraient davantage tendance à demander explicitement la possibilité de travailler depuis leur domicile.
Pour certains jeunes candidats, un ou deux jours de télétravail par semaine constituent désormais un minimum.
Cette évolution oblige les recruteurs à revoir leur manière de présenter les postes. Un salaire attractif ou des perspectives d’évolution ne suffisent plus nécessairement à convaincre : l’organisation concrète du travail entre également dans la balance.
Le phénomène ne s’est pas arrêté avec le Covid
Le télétravail avait connu une progression spectaculaire pendant la pandémie, lorsque les entreprises avaient été contraintes de généraliser le travail à distance.
On aurait pu penser que cette pratique reculerait une fois les restrictions levées. Mais la réalité suisse est différente.
Le travail à domicile s’est maintenu à un niveau élevé et représente désormais environ 37 % du travail effectué, selon les données évoquées dans le reportage de la RTS.
Le phénomène est particulièrement présent dans les secteurs du numérique, des bureaux et des administrations, où de nombreuses tâches peuvent être réalisées à distance sans nécessiter une présence quotidienne dans les locaux.
Le télétravail semble donc avoir dépassé le simple statut de mesure exceptionnelle liée à la pandémie pour devenir une composante durable de l’organisation professionnelle.
Les entreprises cherchent toutefois le bon équilibre
Cette évolution ne signifie pas pour autant que les bureaux vont disparaître.
Certaines entreprises souhaitent conserver des moments de présence afin de préserver les échanges directs entre collègues. Les réunions en visioconférence peuvent faciliter l’organisation du travail, mais elles ne reproduisent pas toujours la qualité des interactions en face-à-face.
Dino Busulini, fondateur et CEO d’Energa SA, estime notamment que la communication à distance peut provoquer des incompréhensions qui auraient parfois été évitées lors d’un échange en présentiel.
Pour les employeurs, le défi consiste donc désormais à trouver un équilibre entre flexibilité et présence collective.
Le télétravail peut constituer un argument puissant pour attirer les candidats, notamment les plus jeunes. Mais les entreprises doivent également déterminer jusqu’où elles souhaitent aller pour conserver les échanges humains et la cohésion des équipes.
Dans un marché du recrutement devenu plus concurrentiel, une chose semble toutefois se confirmer. La possibilité de travailler depuis chez soi n’est plus perçue comme un simple bonus par une partie des candidats suisses. Elle devient progressivement l’un des critères qui peuvent faire pencher la balance au moment d’accepter un emploi.








