La Suisse encaisse les crises sans plier et pourrait bien être l’une des grandes gagnantes de cette période agitée 

Malgré les tensions géopolitiques, l’inflation et les incertitudes sur l’énergie, l’économie suisse continue d’afficher une solide résistance selon le SECO.

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La Suisse encaisse les crises sans plier et pourrait bien être l’une des grandes gagnantes de cette période agitée : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Alors que les tensions géopolitiques restent fortes et que les prix de l’énergie demeurent sous surveillance, l’économie suisse affiche une résistance notable. Certains secteurs souffrent déjà du ralentissement mondial, mais le pays conserve plusieurs atouts face aux turbulences actuelles. 

La stabilité de son cadre économique, la flexibilité de son marché du travail et la solidité du franc jouent notamment en sa faveur. Pour le SECO, la Suisse pourrait même sortir renforcée de cette période d’incertitude.

Une économie moins secouée que celle de nombreux autres pays

La Suisse a déjà montré à plusieurs reprises qu’elle traversait les périodes de crise avec davantage de stabilité que certaines économies comparables. Les ralentissements y sont souvent moins marqués et les phases de reprise peuvent intervenir plus rapidement, notamment grâce à un environnement économique jugé prévisible.

Cette capacité de résistance repose aussi sur la faculté des entreprises à s’adapter lorsque la demande ralentit ou que les conditions internationales se détériorent. Le marché du travail suisse joue également un rôle important en offrant une certaine flexibilité aux employeurs.

Cela ne signifie pas pour autant que tous les secteurs sont épargnés. L’horlogerie et l’industrie technologique restent particulièrement exposées aux variations de la demande mondiale. Le ralentissement de l’économie chinoise pèse sur le secteur du luxe, tandis que la faiblesse prolongée de l’industrie allemande continue d’affecter certaines entreprises suisses.

Les coûts de l’énergie constituent un autre facteur de pression. Des signes plus encourageants apparaissent toutefois du côté des exportations vers les États-Unis, où une reprise commence à se dessiner.

Pour les autorités économiques, l’un des principaux défis consiste désormais à préserver les avantages concurrentiels du pays. Dans un contexte mondial instable, la sécurité juridique et la prévisibilité du cadre économique peuvent notamment renforcer l’attractivité de la Suisse auprès des investisseurs en quête de stabilité.

Le franc et la faible dépendance aux énergies fossiles limitent les risques

L’évolution des prix de l’énergie reste l’une des grandes inconnues des prochains mois. Une détente sur le front géopolitique pourrait entraîner une baisse des cours et améliorer les perspectives de croissance, mais l’ampleur de cet effet dépendra directement de la trajectoire des marchés énergétiques.

Le SECO a d’ailleurs intégré plusieurs scénarios à ses prévisions conjoncturelles de juin. Dans l’hypothèse la plus favorable, une baisse rapide des prix de l’énergie pourrait soutenir sensiblement la croissance suisse.

Dans un entretien accordé à Blick, Ronald Indergand, qui dirige la politique économique du SECO depuis mars, estime également que le risque inflationniste reste modéré en Suisse. Les ménages consacrent une part moins importante de leurs dépenses à l’énergie que dans de nombreux autres pays et l’approvisionnement national repose moins fortement sur les énergies fossiles.

La vigueur du franc constitue un autre élément protecteur. En période de crise, une monnaie forte peut limiter l’impact de l’inflation importée en réduisant le coût relatif de certains produits achetés à l’étranger.

Malgré un environnement international toujours fragile, le nouvel économiste en chef de la Confédération se montre donc confiant. À ses yeux, la combinaison entre stabilité institutionnelle, capacité d’adaptation des entreprises et solidité du cadre économique pourrait permettre à la Suisse de traverser les turbulences actuelles avec moins de dégâts que d’autres économies.

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