Derrière le match de la Suisse, Guy Parmelin mène une mission économique sous tension aux États-Unis 

Le président de la Confédération Guy Parmelin entame une mission sensible aux États-Unis. Objectif : éviter une nouvelle flambée des droits de douane sur les exportations suisses.

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Derrière le match de la Suisse, Guy Parmelin mène une mission économique sous tension aux États-Unis : Crédit : AFP | Econostrum.info - Suisse

Guy Parmelin ne traverse pas l’Atlantique seulement pour suivre la Suisse à la Coupe du monde. Si le président de la Confédération doit assister au seizième de finale face à l’Algérie, sa véritable mission se joue ailleurs : à Washington, où Berne tente d’éviter une nouvelle hausse des droits de douane américains.

L’objectif est clair, obtenir un taux qui ne dépasse pas 15% et inscrire cette solution dans un accord juridiquement contraignant. Pour l’économie suisse, l’enjeu est majeur. Les États-Unis restent le premier marché des exportations helvétiques.

Un dossier encore très incertain

La Suisse a déjà connu de fortes turbulences dans ce dossier. Les droits de douane américains avaient atteint 39%, un niveau particulièrement lourd pour les produits suisses. Ils ont ensuite été abaissés à 15% à la fin de l’année dernière, avant d’être remplacés par une taxe globale temporaire de 10% après une intervention de la Cour suprême américaine.

Mais cette situation n’est pas stabilisée. Le tarif actuel n’est valable que jusqu’au 23 juillet. Passé ce délai, l’incertitude pourrait revenir si aucun accord solide n’est trouvé. C’est précisément ce que le Conseil fédéral veut éviter.

La mission de Guy Parmelin consiste donc à transformer une situation provisoire en cadre plus durable. Pour les exportateurs, la différence est majeure. Un taux connu et sécurisé permet de planifier, négocier et investir avec davantage de visibilité.

La Suisse veut éviter un retour au scénario des 39%

Le seuil des 15% apparaît aujourd’hui comme la ligne à défendre pour Berne. Il permettrait à la Suisse de rester dans une zone comparable à celle d’autres partenaires économiques importants des États-Unis, tout en évitant le choc beaucoup plus violent d’un retour à des droits proches de 39%.

La Suisse dispose de plusieurs arguments. Elle met notamment en avant son engagement à investir massivement aux États-Unis, à hauteur de 200 milliards de francs, ainsi que sa volonté d’améliorer l’accès au marché américain. Reste à savoir si ces concessions suffiront à convaincre Washington.

Guy Parmelin doit rencontrer le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, selon les informations relayées par la RTS. Cette rencontre est centrale, car elle doit permettre de faire avancer les discussions vers une solution plus ferme et plus prévisible.

Les entreprises suisses attendent un signal

Pour les milieux économiques, le calendrier est serré. À quelques semaines de l’échéance du 23 juillet, les entreprises ont besoin de savoir à quoi s’en tenir. Une hausse brutale des droits de douane pourrait peser sur les marges, les prix et la compétitivité des produits suisses aux États-Unis.

L’incertitude actuelle complique aussi les décisions d’investissement. Quand une entreprise ignore le niveau de taxe qui s’appliquera dans quelques semaines, il devient plus difficile de fixer ses prix, signer des contrats ou organiser ses chaînes d’approvisionnement.

C’est pourquoi la visite de Guy Parmelin dépasse largement le cadre diplomatique. Elle touche directement aux intérêts économiques du pays.

Une tournée nord-américaine plus large

Après les États-Unis, Guy Parmelin poursuivra sa mission au Canada. Il y sera notamment question de coopération scientifique entre Berne et Ottawa. Le président de la Confédération assistera par la même occasion au match de seizièmes de finale de la Coupe du monde disputé par l’équipe de Suisse le 2 juillet à Vancouver.

Le déplacement se poursuivra ensuite au Mexique, où Guy Parmelin doit rencontrer la présidente Claudia Sheinbaum. Là aussi, l’objectif est de renforcer les relations économiques et scientifiques. La Suisse souhaite consolider sa présence en Amérique du Nord et centrale, dans un contexte international marqué par des tensions commerciales récurrentes.

Mais le premier test se joue bien à Washington. Si Guy Parmelin parvient à obtenir un accord contraignant sur les droits de douane, il offrira aux exportateurs suisses une visibilité précieuse. Dans le cas contraire, l’économie suisse devra continuer à avancer avec une épée de Damoclès au-dessus de ses échanges avec son principal marché étranger.

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