La canicule ne pèse pas seulement sur les organismes. Elle assèche aussi les sols, les herbes, les sous-bois et les lisières. En Suisse, le danger de feu de forêt s’est nettement renforcé dans plusieurs régions, au point de pousser les autorités à rappeler les règles de prudence. Dans certains secteurs, une simple étincelle peut suffire à provoquer un incendie difficile à maîtriser.
Le Valais placé sous très haute tension
Le Valais apparaît aujourd’hui comme l’un des cantons les plus exposés, alerte l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Dans plusieurs zones, notamment entre Riddes et la vallée de Viège, le niveau maximal de danger, le degré 5, a été décrété. Ce classement indique une situation particulièrement critique, où les départs de feu peuvent se produire très facilement et se propager rapidement.
Le sud du canton, de Saint-Maurice à Saas-Fee, ainsi que la région d’Aletsch, se trouvent pour leur part au degré 4, soit un danger fort. Dans les zones concernées, les règles sont strictes. Les feux sont interdits en forêt et à proximité des lisières. Même dans les zones habitées, il n’est pas permis d’allumer un feu en dehors des emplacements fixes autorisés.
Cette vigilance intervient alors qu’un feu de forêt s’est déclaré mardi après-midi à Unterseen, dans le canton de Berne. Les pompiers ont été mobilisés sur place, avec l’appui d’un hélicoptère bombardier d’eau. Les causes du sinistre n’étaient pas encore connues, mais l’événement illustre la fragilité actuelle des espaces naturels.
Une situation préoccupante dans presque tout le pays
Le risque ne concerne pas uniquement le Valais. Dans les Grisons, la situation varie fortement selon les régions. Le nord du canton est placé en degré 4, tandis que certaines zones du sud, comme la Haute-Engadine, restent à un niveau plus modéré.
Dans les Alpes vaudoises, le danger demeure pour l’instant au degré 2, tout comme dans certains cantons de Suisse centrale, notamment Schwytz et Zoug, ainsi qu’à Schaffhouse. Mais même lorsque le danger est considéré comme modéré, les autorités rappellent que la prudence reste indispensable.
Dans la majorité des autres cantons, le degré 3 a été activé. Ce niveau correspond à un danger marqué. Autrement dit, la situation peut évoluer rapidement, surtout si la chaleur se prolonge, si le vent se lève ou si les précipitations restent absentes. La Suisse entière doit donc composer avec une forêt plus sèche, plus fragile et plus sensible aux comportements imprudents.
Les gestes à respecter pour éviter le pire
La première règle consiste à se renseigner avant toute sortie en forêt ou avant tout feu en plein air, indique Blick. Les interdictions cantonales et communales doivent être respectées, même si la situation semble moins grave localement. Une restriction peut concerner une vallée, une commune ou une zone précise.
Les mégots et allumettes restent parmi les gestes les plus dangereux. Ils ne doivent jamais être jetés au sol, ni en forêt, ni près d’une lisière, ni depuis une voiture. En période sèche, un petit geste négligé peut avoir des conséquences lourdes.
Les grillades doivent également être encadrées. Lorsqu’elles sont encore autorisées, il faut privilégier les foyers fixes aménagés et surveiller le feu en permanence. Il ne faut jamais quitter les lieux avant que les braises soient totalement éteintes. L’idéal reste d’utiliser de l’eau pour s’assurer qu’aucune chaleur ne subsiste.
Les feux d’artifice, eux aussi, représentent un risque majeur. Ils ne doivent être tirés que dans des zones explicitement autorisées par les communes. En période de danger élevé, leur usage peut être fortement limité, voire interdit.
Avec la canicule, la forêt suisse entre dans une période délicate. Le danger n’est pas seulement lié à la météo, mais aussi aux comportements humains. En respectant les interdictions, en évitant les flammes inutiles et en supprimant les gestes à risque, chacun peut contribuer à limiter les départs de feu.








