La Banque nationale suisse (BNS) a décidé jeudi de maintenir son taux directeur à 0,0%. Il s’agit de la quatrième décision consécutive de statu quo monétaire.
Cette décision intervient alors que les perspectives d’inflation semblent s’atténuer avec la détente des tensions au Moyen-Orient. La BNS confirme ainsi une ligne de stabilité monétaire, tout en surveillant de près l’évolution des prix de l’énergie et la situation géopolitique mondiale.
Une politique monétaire inchangée face à une inflation contenue
La BNS, dirigée par Martin Schlegel, continue de privilégier la stabilité. Dans son communiqué, l’institution rappelle qu’elle reste prête à intervenir sur le marché des changes si nécessaire, notamment pour freiner une appréciation trop rapide du franc suisse, susceptible de fragiliser la stabilité des prix.
Cette position intervient dans un contexte international en évolution. Les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’accord visant à apaiser leurs relations, avec des conséquences potentielles sur les marchés de l’énergie. Le déblocage du détroit d’Ormuz, un axe stratégique pour le transport des hydrocarbures, est notamment évoqué.
Si les effets de la hausse des prix de l’énergie devraient encore se faire sentir à court terme, la BNS estime que l’inflation pourrait légèrement augmenter dans les prochains trimestres avant de se stabiliser.
Des prévisions révisées jusqu’en 2028
Lors de la présentation de l’examen de la situation économique, Martin Schlegel a souligné que l’évolution du Moyen-Orient reste un facteur déterminant pour les prix de l’énergie. Malgré cela, la Suisse conserve une inflation modérée.
En mai, l’inflation s’est établie à 0,6% sur un an, restant dans la fourchette cible de la BNS comprise entre 0% et 2%. L’institution relève toutefois ses prévisions pour les années à venir.
Pour 2026 et 2027, la BNS anticipe désormais une inflation de 0,6%, contre 0,5% précédemment. Pour 2028, elle prévoit 0,7%, légèrement au-dessus des estimations publiées auparavant. Cette révision traduit une pression modérée mais persistante sur les prix, principalement liée à l’énergie.
Une économie suisse jugée résiliente
Malgré les incertitudes géopolitiques, la Banque nationale suisse estime que l’économie helvétique reste solide. La croissance du produit intérieur brut est maintenue à environ 1% pour 2026 et 1,5% pour 2027.
La BNS adopte également une posture similaire à celle de la Réserve fédérale américaine, qui a elle aussi choisi de maintenir ses taux inchangés, indique la RTS. À l’inverse, la Banque centrale européenne a récemment opté pour une hausse de 25 points de base afin de contenir les tensions inflationnistes dans la zone euro.
Dans ce contexte contrasté, la Suisse poursuit une politique monétaire prudente, cherchant à préserver la stabilité des prix tout en surveillant de près les évolutions internationales.








