Les contrôles aux frontières prennent plus de temps dans plusieurs aéroports suisses depuis l’entrée en vigueur du nouveau système européen EES. Ce dispositif, appliqué aux voyageurs venant de pays situés hors de l’espace Schengen, modifie les formalités d’arrivée et rallonge certaines files d’attente.
La mesure concerne notamment les passagers en provenance des États-Unis ou de Grande-Bretagne, deux flux importants pour les aéroports suisses. Derrière ces retards parfois mal vécus, les autorités mettent en avant un objectif de sécurité et de meilleure surveillance des entrées et sorties du territoire Schengen.
Un système européen qui transforme les contrôles à l’arrivée
Le changement est discret pour une partie des voyageurs, mais très concret pour ceux qui débarquent en Suisse depuis un pays hors Schengen. Depuis le 10 avril, le système européen Entry/Exit System, plus connu sous le nom d’EES, est entré en vigueur dans l’ensemble de l’espace Schengen après un déploiement progressif de plusieurs mois. Il remplace une partie des anciennes procédures par un enregistrement numérique des entrées et sorties des ressortissants de pays tiers.
Sont concernés les voyageurs qui ne possèdent pas de passeport d’un État membre de l’Union européenne, de la Norvège, de l’Islande, du Liechtenstein ou de la Suisse. En clair, un passager arrivant des États-Unis ou de Grande-Bretagne peut être soumis à ces nouvelles formalités lorsqu’il entre en Suisse. Le système ne s’applique toutefois qu’aux vols en provenance de pays hors Schengen, ce qui exclut les arrivées depuis les pays voisins de la Suisse, tous membres de cet espace.
La procédure est plus lourde lors d’une première entrée. Un dossier personnel doit être créé pour les ressortissants de pays tiers qui ne disposent pas d’un permis de séjour valable en Suisse ou dans un autre État Schengen. Les données personnelles, les informations contenues dans les documents de voyage et les données biométriques sont alors collectées. Cette étape explique en grande partie l’allongement du passage aux contrôles.
Les chiffres communiqués à Luxembourg par le commissaire européen aux affaires intérieures et à l’immigration, Magnus Brunner, donnent une idée de l’ampleur du dispositif. À ce jour, 90 millions de personnes ont déjà été enregistrées dans l’EES, soit environ deux millions d’enregistrements par semaine. L’entrée dans l’espace Schengen a été refusée à 38 000 personnes, dont 1 000 considérées comme présentant un risque pour la sécurité. Pour le responsable autrichien, ce système est « extrêmement important » pour la sécurité de l’Union européenne.
En Suisse, cette nouvelle organisation implique plusieurs acteurs selon les aéroports. À Zurich-Kloten, la police cantonale zurichoise est responsable des contrôles. À Genève, c’est l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières qui s’en charge. Dans les deux cas, les autorités assurent que le dispositif fonctionne de manière globalement stable, même si son application provoque encore des ralentissements visibles.
Des files d’attente qui peuvent atteindre deux heures dans les moments chargés
Les effets du nouveau système se font surtout sentir lorsque plusieurs vols hors Schengen arrivent presque en même temps. Dans ces moments-là, les files peuvent s’allonger rapidement, en particulier pour les voyageurs qui doivent être enregistrés pour la première fois. À l’aéroport de Zurich-Kloten, une porte-parole citée par Keystone-ATS reconnaît que des temps d’attente plus longs ont été constatés et que cela pourrait encore se produire à l’avenir.
Selon les informations relayées par Blick, l’attente peut parfois atteindre une à deux heures à Zurich. Le phénomène n’est pas permanent, mais il devient sensible lors des pics d’arrivée. Le contrôle reste fiable et stable, mais le temps nécessaire à la création des dossiers personnels rend le processus plus lent qu’un passage frontalier classique. Les procédures devraient progressivement s’améliorer avec l’expérience, à mesure que les agents et les infrastructures s’adaptent au fonctionnement du système.
À Genève, la situation a été encore plus tendue durant les mois de janvier et février, en pleine période de vacances de ski. L’aéroport a alors connu des journées particulièrement chargées, avec parfois plus de 70 000 passagers transitant quotidiennement par ses installations. Le jour le plus difficile, l’attente a atteint deux heures et demie, selon un porte-parole de l’aéroport.
Cette forte pression s’explique par la combinaison de deux facteurs. D’un côté, Genève accueille une importante clientèle internationale, notamment pendant la saison hivernale. De l’autre, l’EES ajoute une étape supplémentaire pour les passagers venant de pays non membres de Schengen. Lorsque ces deux réalités se superposent, la fluidité des contrôles devient plus difficile à maintenir.
L’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières confirme que les délais ont été prolongés à Genève, tout en soulignant que le système fonctionne globalement plutôt bien. Les procédures sont, selon l’office, constamment optimisées afin de réduire les effets de ces ralentissements. L’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre la sécurité voulue par le dispositif européen et l’expérience des voyageurs, qui découvrent parfois ces nouvelles formalités seulement au moment de l’arrivée.
Pour les passagers concernés, la conséquence est simple, l’entrée en Suisse peut prendre plus de temps qu’auparavant. Les voyageurs venant de pays hors Schengen ont donc intérêt à intégrer cette contrainte, surtout lors des périodes de forte affluence. Dans les aéroports suisses, le contrôle aux frontières n’est plus seulement une formalité rapide pour tous. Il devient, dans certains cas, une étape plus longue, plus encadrée et plus sensible aux pics de trafic.








