Choix du troisième pilier : Ce piège caché peut coûter jusqu’à 234’000 francs aux Suisses 

Les frais élevés des produits du troisième pilier peuvent coûter des centaines de milliers de francs sur 40 ans. Comment éviter cette erreur coûteuse ?

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Choix du troisième pilier : Ce piège caché peut coûter jusqu'à 234'000 francs aux Suisses : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Le troisième pilier, destiné à compléter les prestations de l’AVS et de la caisse de pension en Suisse, joue un rôle crucial dans la constitution du capital de retraite. Cependant, une récente étude démontre qu’un mauvais choix de produit dans ce cadre peut coûter plusieurs centaines de milliers de francs. 

Selon une analyse détaillée de getrates.ch, des différences de frais parfois abyssales entre les fonds peuvent avoir un impact significatif sur le capital accumulé. Cette situation mérite une attention particulière, car elle pourrait être décisive pour la retraite de nombreux Suisses, qui, par manque de comparaison, risquent de perdre une somme conséquente au fil des années.

Une différence de frais qui coûte cher : des écarts jusqu’à sept fois plus élevés

L’étude réalisée par getrates.ch et relayée par Blick, a comparé pas moins de 160 produits du troisième pilier proposés par divers prestataires en Suisse. Résultat, les frais peuvent varier considérablement, avec des différences allant jusqu’à sept fois entre l’offre la moins chère et la plus coûteuse.

Par exemple, le produit le moins cher de Viac Global 20, avec des frais de 0,22%, se situe à l’opposé du plus onéreux, UBS Vitainvest World Sustainable, qui atteint des frais de 1,62%. Ce détail, souvent négligé par les épargnants, peut avoir un impact majeur sur la valeur du capital accumulé sur plusieurs décennies.

L’analyse, qui simule le parcours d’un épargnant de 25 ans versant chaque année le montant maximal de 7’258 francs jusqu’à la retraite, avec un rendement brut de 5% par an, révèle des écarts de capital impressionnants à la fin de la carrière.

Ainsi, dans cet exemple, un produit plus coûteux, avec des frais de 1,62%, entraînerait une perte de 234’000 francs sur 40 ans, par rapport à un produit plus abordable avec des frais de 0,22%. Cette différence se reflète directement dans les montants disponibles à la retraite, avec 831’000 francs pour le fonds le moins cher contre 597’000 francs pour le plus cher.

Ces résultats soulignent une vérité importante, même si le rendement brut reste identique, les frais appliqués par chaque fonds peuvent avoir un impact décisif sur le capital final. Dans le cas d’une carrière de 40 ans, la différence s’élève à 234’000 francs, soit une somme qui, dans d’autres circonstances, pourrait correspondre à un acompte pour l’achat d’un logement en Suisse.

Le piège des comptes d’épargne et des fonds coûteux : des solutions plus avantageuses existent

De nombreux Suisses, bien que conscients de l’importance de la prévoyance, ne prennent pas la peine de comparer les produits du troisième pilier. Beaucoup choisissent la solution la plus simple ou la plus connue, souvent via leur banque traditionnelle. Cependant, ces choix peuvent être contre-productifs si les frais sont trop élevés.

Selon Adrien Missioux, fondateur de getrates.ch, « la différence entre le fonds le moins cher et le plus cher s’élève à 290’000 francs sur une carrière. Ce n’est pas une erreur d’arrondi, c’est un acompte pour un logement ».

L’analyse met également en lumière un autre piège fréquent : les comptes d’épargne, souvent considérés comme une option sécuritaire. Bien qu’ils puissent sembler rassurants, les comptes d’épargne offrent des rendements très faibles, bien inférieurs à ceux des fonds 3a.

Si ces derniers peuvent générer des rendements annuels intéressants grâce à des placements en actions et autres instruments financiers, les comptes d’épargne ne rapportent que très peu d’intérêts. Cette situation est d’autant plus problématique dans un environnement économique où l’inflation ronge lentement le pouvoir d’achat des épargnants.

Par exemple, un fonds 3a, même avec des frais modérés, peut offrir des rendements bien plus élevés qu’un simple compte d’épargne, qui n’est pas conçu pour maximiser le rendement sur le long terme. À long terme, la différence de performance peut être significative. Si un fonds 3a bien choisi offre un rendement brut de 5% par an, les comptes d’épargne offrent des taux bien inférieurs, rendant la préparation à la retraite beaucoup moins efficace.

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