Les étrangers contribuent à freiner la hausse des primes et boostent l’AVS selon Baume-Schneider

À quelques semaines des votations, les déclarations de la ministre de l’Intérieur bousculent les idées reçues sur l’immigration et l’AVS.

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Les étrangers contribuent à freiner la hausse des primes et boostent l’AVS selon Baume-Schneider : Crédit : ANTHONY ANEX / keystone-sda.ch | Econostrum.info - Suisse

La question de l’immigration s’invite une nouvelle fois au cœur du débat politique suisse à l’approche des votations du 14 juin. L’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions» relance les interrogations sur l’impact des étrangers sur les infrastructures, le logement ou encore les assurances sociales.

Dans ce contexte, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider apporte un éclairage qui va à contre-courant de certaines idées reçues. Ses déclarations mettent en avant des données concrètes sur la contribution réelle des ressortissants étrangers à l’AVS.

Une contribution nette des étrangers au financement de l’AVS

Contrairement à une perception répandue dans le débat public, les étrangers ne pèsent pas sur l’AVS, mais contribuent à son équilibre financier. Dans une interview accordée aux journaux de Tamedia, dont le Tages-Anzeiger, Elisabeth Baume-Schneider affirme que la population étrangère verse davantage de cotisations qu’elle ne perçoit de prestations. Elle précise que «la population suisse perçoit davantage de prestations AVS qu’elle ne verse de cotisations», alors que la situation est inversée pour les ressortissants étrangers.

Plusieurs facteurs expliquent cette différence. D’une part, une grande partie des travailleurs étrangers sont en âge d’activité et occupent des emplois qui génèrent des cotisations régulières, souvent à des niveaux élevés. D’autre part, nombre d’entre eux ne remplissent pas les conditions pour percevoir une rente complète, faute d’avoir cotisé durant toute la durée requise en Suisse.

Même lorsque ces personnes quittent le pays, l’équilibre reste favorable à l’AVS. Elles peuvent certes percevoir une rente à l’étranger, mais elles n’ont pas accès à d’autres prestations sociales comme les prestations complémentaires. Ce point contribue à maintenir un solde positif pour le système. Selon la ministre jurassienne, cette réalité allège la charge globale pour la collectivité.

Ces éléments interviennent dans un contexte où la pérennité de l’AVS est régulièrement questionnée. Le vieillissement de la population et l’augmentation du nombre de retraités accentuent la pression sur le système. Dans ce cadre, le rôle des cotisants actifs, y compris étrangers, apparaît comme un facteur déterminant pour maintenir l’équilibre financier.

Immigration, santé et marché du travail au cœur du débat politique

Au-delà de l’AVS, les déclarations d’Elisabeth Baume-Schneider abordent également l’impact de l’immigration sur le système de santé. Elle rejette l’idée avancée par certains milieux politiques d’imposer des franchises plus élevées aux nouveaux assurés. Une telle mesure serait, selon elle, à la fois injuste et inefficace.

La conseillère fédérale souligne que les personnes issues de la migration sont en moyenne plus jeunes et en meilleure santé que le reste de la population. Cette caractéristique contribue à limiter la hausse des coûts de la santé. En d’autres termes, l’immigration participe à freiner l’augmentation des primes d’assurance maladie, dans un contexte où le vieillissement démographique tend à les faire grimper.

Le débat ne se limite pas aux chiffres. Elisabeth Baume-Schneider insiste également sur la réalité du terrain. Elle évoque le rôle essentiel des travailleurs étrangers dans de nombreux secteurs, notamment les soins, le nettoyage ou la restauration. «Quand je rends visite à ma tante en EMS, je vois qui travaille dans les équipes de soins, de nettoyage ou en cuisine», explique-t-elle. Elle ajoute que cette présence est également visible dans les services d’urgence, soulignant l’importance concrète de cette main-d’œuvre dans le fonctionnement quotidien du pays.

Ces propos interviennent alors qu’un premier sondage Tamedia/20 Minutes indique que 52% des Suisses seraient favorables à l’initiative de l’UDC. Face à cette tendance, la ministre appelle à une approche pragmatique, rappelant que la libre circulation des personnes joue un rôle clé dans le maintien de ces services essentiels.

À l’approche du scrutin, ces éléments factuels pourraient peser dans la balance. Ils contribuent à nourrir un débat où les perceptions et les réalités économiques ne coïncident pas toujours.

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